Wargames

la seule façon de gagner, … c’est de ne pas jouer

En 1983, le réalisateur John Badham avait déjà réalisé La Fièvre du samedi soir et eu beaucoup de succès, en révélant notamment l’acteur John Travolta dans son premier grand rôle. Quand il est intégré sur ce projet de film d’anticipation, il ne se doute pas du succès de sa future réalisation ni de l’impact qu’elle aura pour toute une génération de geek férus d’informatique et MacGyvers en herbe. Pour se remettre dans le contexte, en 1983, la planète entière était le témoin d’une guerre froide entre les deux super-puissances (les USA et l’URSS), détentrices de l’arme nucléaire, menaçant son adversaire des pires ripostes en cas d’attaque.

Dans le poste de commande secret d’un silo à missile des États-Unis, un ordre de mise à feu est donné, mais un des membres hésite et ne veut pas être à l’origine d’un grand nombre de mort (Eh oui ! L’être humain peut avoir une conscience). Cette petite introduction, moteur du pourquoi du film, se poursuit au centre des opérations de combat du NORAD (commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord) où il est décidé d’écarter l’homme du processus de lancement des missiles nucléaires. Un ordinateur surpuissant (pour l’époque…) et intelligent est à même de remplacer l’homme. Celui-ci à pour nom WOPR (PROG en français) pour War Operator Plan Response. Il « réfléchit » à la troisième guerre mondiale en jouant à des jeux de guerre et de stratégie, il calcule les temps de réponse de l’opposant, les dégâts, le nombre de morts et cherche ensuite à optimiser son « score ». Il est aussi censé apprendre de ses erreurs…

David Lightman, un adolescent de 17 ans, est un peu à part, il a des mauvaises notes, aime les jeux vidéos (et joue assez bien à Galaga) et est un hackerspécialiste en informatique, par extension pirate informatique sachant rentrer dans les systèmes malgré les sécurités. Oui, vous l’avez compris, le héros est un geekpersonne passionnée, voire obsédée dans un domaine, tel que l'informatique, la science-fiction, les nouvelles technologies, les jeux vidéos... ! Il montre d’ailleurs à une fille de sa classe, Jennifer, son gros ordinateur et sa capacité à l’utiliser pour changer ses mauvaises notes en bonnes (là, vous tapez des mains, ce geekpersonne passionnée, voire obsédée dans un domaine, tel que l'informatique, la science-fiction, les nouvelles technologies, les jeux vidéos... a une vie sociale et ses camarades de classe rigolent même de ses blagues ! On nage en pleine science-fiction …).

Intéressé par les nouveaux jeux vidéos d’une publicité, David  se sert de son ordinateur avec beaucoup d’astuce pour accéder par internet à leur terminal et ainsi jouer gratuitement (Petit brigand !). Après plusieurs réponses infructueuses, il tombe sur un site qui lui demande de s’identifier, et accède à une liste de jeu sans pouvoir y jouer. Alléché par les titres évocateurs, David n’a plus qu’une idée en tête : trouver l’identifiant qui lui permettra de rentrer sur le site. Des amis (des super-geekspersonnes passionnées, voire obsédées dans un domaine, tel que l'informatique, la science-fiction, les nouvelles technologies, les jeux vidéos..., voire nerdstype de geek, personne solitaire et socialement handicapée qui est passionnée et obsédée par un sujet, tel que l'informatique, les jeux vidéos, le cinéma, les nouvelles technologies, les univers fantastiques,... : comportement, look, travail, tout y est !) doués en informatique lui apprennent que le concepteur du programme créé souvent une « porte de secours » permettant de contourner les défenses du programme.

ATTENTION DEBUT DU SPOILER

Ne pas lire si vous souhaitez voir le film !

David ne pense plus qu’à trouver des infos sur un certain professeur Falken, déclaré décédé. En rentrant le nom du fils du professeur décédé lui-aussi (Joshua), David rentre dans le système. L’ordinateur le prend pour Falken et lui demande s’il veut jouer. Ils commencent alors une guerre thermonucléaire globale. David prend le camp des russes et tire sur Las Vegas puis Seattle. Son action a des répercutions au centre du NORAD, où une alerte est donnée pour des missiles lancés par les russes. On découvre que l’attaque était un leurre et que les missiles étaient dirigés par David. Le NORAD le trouve et l’arrête. On ne croit pas à ses explications et on le soupçonne même d’être un espion russe ! Avec beaucoup d’ingéniosité, David parvient à s’échapper en se mêlant à des visiteurs du complexe.

Il décide d’aller parler au professeur Falken, car il pense qu’il n’est pas mort mais se cache à une adresse confidentielle donnée par Joshua. C’est un homme désabusé qui n’a plus foi en l’humanité qu’il rencontre, il croit en la sélection naturelle : si l’homme doit mourir, il sera remplacé par une autre forme de vie, tout comme les dinosaures en leur temps. Falken parle ensuite du défaut de Joshua : il ne connaît pas encore la futilité, il n’abandonne jamais et il ne fait pas la différence entre le jeu et la réalité. David arrive à faire changer d’avis Falken et ils partent au centre du NORAD. Pendant ce temps, Joshua continue de placer ses pions et fait avancer le pays vers une guerre…

C’est en plein DEFCON 1 qu’ils arrivent, 300 missiles sont détectés et envoyés sur les États-Unis. Falken essaye de convaincre le général que les données sont factices, créées par le délire ludique de l’ordinateur. « Est-ce que les russes entameraient une guerre nucléaire en sachant qu’il y aurait des représailles ? » Alors qu’ils sont prêt à contre-attaquer, ils se mettent en relation téléphonique avec la première cible, pour vivre leur bombardement en direct. Il s’avère bien entendu que c’était du bluff, et toutes les cibles américaines sont vivantes.

Mais Joshua prend alors le contrôle et cherche les codes de lancement des missiles dans un compte-à-rebours frénétique. David propose de jouer avec lui pour le battre (Est-ce le jeu vidéo qui va sauver le monde ?…). Pour lui apprendre à abandonner, il le fait jouer au morpion tout seul. Les parties s’enchainent de plus en plus vite pendant que le compte-a-rebours arrive à sa fin. Joshua ne fait que des matchs nuls au morpion, il simule alors la fin de sa partie de guerre nucléaire et comprend qu’il ne peut pas y avoir de vainqueur. (« Drôle de jeu où pour gagner il ne faut pas jouer ! »). Et c’est dans une liesse générale qu’il met fin à sa partie.

FIN DU SPOILER

C’est pendant 1 heure 45 de suspense palpitant que nous suivons David, qui a la guerre nucléaire au bout du clavier ! Le film joue aussi du passage des niveaux DEFCON pendant tout le film, graduation vers la guerre (au passage, DEFCON 1, c’est la guerre). A chaque degré, la tension monte un peu plus devant et à l’écran. Le film reprenait ni plus ni moins la réalité, la guerre froide laissant planer une épée de Damoclès au-dessus de toutes les têtes.

Le portrait que le film dresse de David est assez drôle : fort en informatique, fan et expert en jeu vidéo (pour rendre convaincante son interprétation, Matthew a eu à domicile pendant deux mois les machines d’arcade Galaga et Galaxian), hacker à ses heures, débrouillard (il peut téléphoner sans argent dans une cabine téléphonique !), nul en sport (il ne sait pas nager parce qu’il n’a pas eu le temps d’apprendre), socialement en retrait et ayant des rapports pauvres voire inexistants avec sa famille (mais bon, c’est aussi un ado …). C’est le premier film où le héros est un geekpersonne passionnée, voire obsédée dans un domaine, tel que l'informatique, la science-fiction, les nouvelles technologies, les jeux vidéos... ! Et comme tout geek, il a un réseau. Celui-ci révèle de vraies perles en geekitude, avec leur ignorance de comportement social et un comportement paranoïaque qui préfigurent à celui du trio de geekspersonnes passionnées, voire obsédées dans un domaine, tel que l'informatique, la science-fiction, les nouvelles technologies, les jeux vidéos... X-Files et leur théorie du complot dans la série.

L’humour est aussi présent dans ce film : entre le professeur déconnecté de la réalité (il demande à deux ados s’ils sont paléontologues !), le général prompt à ponctuer ses phrases de mots colorés, les parents de David qui ne comprennent pas leur fils, et les adolescents aux répliques naïves (David et Jennifer trouvent le Professeur Falken vieux parce qu’il a 41 ans. A un autre moment, Jennifer lui demande s’il a tous ses problèmes parce qu’il a changé ses notes !), certaines situations sont cocasses (ne sous-estimez pas le jeu du morpion, il peut sauver le monde !).

Le film possède aussi un scénario emprunté aux meilleurs scénarios de science-fiction (on me souffle Asimov à ma droite), avec une intelligence artificielle qui apprend et possède un comportement humain (même si elle est programmée pour ça). On attribue d’ailleurs au programme un nom (Joshua), des réflexions très humaines et même une voix (grâce à un vocodeurdispositif électronique qui fabrique un son synthétique à partir de la voix ou d'un autre son qui fit son effet : « Shall we play ? ») ! C’est le combat de l’homme contre la machine, un prélude à Terminator en quelque sorte !

Matthew Broderick a été catapulté du jour au lendemain au rang de star grâce à ce film, son cachet pour Ladyhawk, le film suivant, est 15 fois supérieur à celui qu’il a reçu pour Wargames. Ally Sheedy (Jennifer) a elle aussi rejoint le rang des stars, mais peut-être un peu plus modeste, avec des film comme Breakfast club, Short circuit ou St Elmo’s fire.

Ce film connut un énorme succès à sa sortie, les critiques furent dithyrambiques.

Wargames est aussi un jeu adapté du film, sorti lui aussi en 1983 sur Colecovision et Atari VCS.

Il s’avère que cette histoire n’est pas tant une fiction que ça, un évènement similaire s’est produit en juin 1980, un terminal informatique a détecté des centaines de missiles soviétiques se dirigeant vers les États-Unis. Alors que toute l’armée est en état d’alerte, on découvre que c’était un mauvais fonctionnement des ordinateurs. Alors, fiction ou réalité ?

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