The Legend of Kyrandia, book 1

Contre le bouffon diabolique

En 1992, la société Westwood Studios édite pour la première fois seule un jeu d’aventure sur ordinateur. Le point & clickjeu d'aventure et d'exploration où l'interaction se fait à l'aide d'une souris en cliquant sur les éléments du jeu a déjà quelques titres à son actif, dont Maniac Mansion, le Secret de Monkey Island, Indiana Jones et la dernière croisade, Indiana Jones et le mystère de l’Atlantide, quelques épisodes de la série King’s quest, … De son vrai nom Fable & Fiends : The legend of Kyrandia book one, ce jeu montra le talent de cette société appelée à faire de petites merveilles à succès (Dune II : la bataille d’Arrakis, Command & conquer, Blade runner,…)

L’action se déroule au royaume fantastique de Kyrandia, île où la magie est présente et s’incarne dans la nature. Malcolm, le bouffon de la cour, sorcier puissant et psychotique, a assassiné le roi et la reine et a été emprisonné pour ses méfaits. Malheureusement, il se libère au début du jeu et part chez Kallak, un des magiciens qui l’a emprisonné. Le joueur incarne Brandon, héritier légitime élevé par Kallak, qui s’en retourne chez lui. Il découvre son tuteur changé en pierre par un maléfice. Notre héros, qui est légèrement ahuri, va devoir sauver son royaume, une quête semée d’embuches et d’énigmes à résoudre, avec le concours de la magie…

Brandon est un jeune homme insouciant, un peu poseur (les attitudes sont accentuées dans ce genre de jeu) et bavard (tiens, le portrait me rappelle quelqu’un qui écrit sur ce site …). Il est dans la lignée des héros de jeu d’aventure sur PC, pas particulièrement brillant, un anti-héros qui à l’air de subir sa destinée plutôt que de la vivre (il ne fait que se plaindre) ! Malcolm, quant à lui est un vrai méchant qui manie le sarcasme et la magie avec brio, même si son apparence nous incite à penser le contraire. Il va jusqu’à faire exploser un arbre dans lequel un petit écureuil venait de se cacher ! Le genre est connu pour utiliser l’humour et le décalage, ici dans un milieu d’heroic fantasygenre littéraire déterminé par l'utilisation de la magie ou du merveilleux dans un milieu médiéval tel que le Seigneur des anneaux ou Conan le barbare. L'utilisation de ce genre s'est généralisée aux autres domaines artistiques.

Le gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... est simple et efficace. Le système de jeu ressemble au traditionnel point & clickjeu d'aventure et d'exploration où l'interaction se fait à l'aide d'une souris en cliquant sur les éléments du jeu si ce n’est que toutes les actions se font directement en cliquant sur la zone de jeu, et non en attribuant des actions spécifiques au protagoniste. Un inventaire apparaît en bas de l’écran et permet de conserver 10 objets (le compte est vite atteint !). Un médaillon à droite de l’écran déclenche des pouvoirs magiques, mais ceux-ci sont à récupérer le long de votre quête. Les énigmes peuvent être dures à résoudre, elles reposent sur des actions spécifiques à faire, une collecte d’objets, des combinaisons de type alchimique de ces mêmes objets et une action du type déposer/placer au bon endroit. Le jeu a le mérite d’avoir des textes traduits en français, bel effort pour l’époque !

Visuellement, ce jeu est très beau, les graphismes sont fins, de très belles couleurs sont utilisées et participent de l’ambiance de chaque tableau (intérieur de la caverne, ombre de la porte-dragon, château peu accueillant). L’introduction est à elle seule un moment magique : elle montre Kallak écrire une lettre, la scène passe successivement de la main qui écrit à la tête de Kallak puis à Malcolm qui apparaît derrière la fenêtre et chacun des trois plans simule une mise au point de qualité cinématographique. Une réalisation époustouflante, un régal ! L’animation est correcte, avec une lenteur inhérente aux jeux de l’époque.

Flash required

La musique est de Franck Klepacki, il a composé entre autres les musiques de Eye of the Beyolder II, Dune II, Young Merlin, Command & Conquer, Blade runner, Star Wars : Empire at war,… Une valeur sûre en quelque sorte ! Le timbre est caractéristique des processeurs sonores de l’époque, métallique, légèrement froid ; les notes ont une attaque très carrée et un vibrato se fait entendre lorsqu’elles sont tenues.

Les thèmes sont magnifiques (notez bien l’absence de superlatif dans cette phrase à la construction simple et qui n’admet pas d’équivoque…). Une envolée poétique se fait entendre autour de la maison de Brandon (sûrement l’un des plus beaux thèmes), des passages inquiétants sont dépeints en musique magistralement (tout comme des moments plus tristes) et des musiques légères accompagnent Brandon lors de ses visites aux sorciers farfelus. Chaque thème colle à merveille avec la situation et ne lasse pas le joueur malgré le fait que ce soit des boucles musicales ou bien que la couleur sonore puisse irriter certains (tonalité passée de mode d’ailleurs).

Le jeu connut 2 suites qui eurent du succès : Fable & Fiends : The legend of Kyrandia book two : the hand of fate et Fable & Fiends : The legend of Kyrandia book three : Malcolm’s revenge.

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