The Last starfighter

Il est leur seul espoir !

Un film méconnu

The Last starfighter est un film de science-fiction méconnu de Nick Castle tout droit sorti des années 80, à ranger dans la catégorie film popcorn à destination des petits et grands. Toutefois en France, il reste obscur auprès du grand public hormis du coté  des lecteurs trentenaires de feu le magazine de jeu vidéo Tilt (qui lui consacra un article sur sa genèse) ou bien encore des vrais aficionados du genre, de ceux susceptibles de l’avoir croisé au détour de quelques page web spécialisées. Aujourd’hui oublié, ‘The Last Starfighter continue malgré tout de faire rêver les nostalgiques des space-opéras des années 80. Et ils n’ont pas tord car il mériterait d’avoir une meilleur audience, peut être autant que le célèbre Tron et ce pour plusieurs raisons : de par son sujet qui certes demeure classique (la figure messianique de l’adolescent porteur d’espoir et amené à devenir une légende), l’introduction du jeu vidéo comme élément premier du scénario, et des effets spéciaux en majeure partie numériques. Starfighter rejoint la poignée de titres SF 80’s option ordinateur/videogame en marge des films aventure/action sous patronage Spielberg (qui s’intéressera finalement assez peu à cette niche technologique), parmi lesquels brillent les Tron ou Wargames, mais aussi Electric Dreams, DARYL et autre Short circuit de moindres mais honnêtes envergures.

Synopsis

Alex Rogan est un jeune homme qui vit avec sa mère et son petit frère dans un trailer park (communauté de mobile-home) : le Starlite, Starbrite. Il partage son temps entre sa petite amie Maggie et les habitants du caravaning qui lui demandent constamment de l’aide et de petits services. Lorsqu’il trouve enfin un peu de temps pour lui, il joue à Starfighter, un jeu vidéo de shoot'em upappelé aussi shoot them up, jeu de tir où le joueur dirige un véhicule ou un personnage qui doit détruire un grand nombre d'ennemis à l'aide d'armes de plus en plus puissantes sur borne d’arcade dont le slogan est : « Salut Starfighter, vous avez été recruté par la ligue stellaire pour défendre la frontière contre Xur et l’armada Ko-Dan ».
Un soir, Alex bat le record du jeu sous les yeux admiratifs de tous les habitants du caravaning. Peu après, un étrange véhicule arrive. À son bord, Centauri, un homme qui lui annonce qu’il est le créateur du jeu Starfighter. Il va lui apprendre que le jeu est en réalité un simulateur pour découvrir ceux qui ont la capacité de piloter un vaisseau de combat stellaire et que la menace de Xur et de l’armada Ko-Dan est bien réelle, cet alien vient lui proposer d’empêcher l’invasion de la galaxie.

The Last Starfighter est un bon film dont le scénario peut sembler basique au premier abord : le garçon d’un trou perdu qui devient le sauveur de la galaxie, ça fait très Luke Skywalker sur Tatooine tout de même… La borne d’arcade devait se retrouver à Las Vegas pour qu’un maximum de gens y jouent et pour que la ligue stellaire ait le maximum de chance de recruter un pilote d’exception au sein de l’espèce humaine. Elle se retrouva livrée dans un trou paumé. Surement un signe du destin…

C’est aussi un film pour enfants et adolescents, l’intrigue n’est pas très complexe et le happy end de rigueur. Cependant il existe également un deuxième degré de lecture possible. Alex Rogan vit dans un camping-car seul avec sa mère (famille monoparentale avant l’heure !) perdu au fin fond de l’Amérique, il ne fera pas de grandes études d’ingénieries mais aura plutôt un boulot du genre mécanicien dans un garage, épousera la première fille du patelin qu’il fera tomber enceinte, essaiera tant bien que mal de payer les traites de sa maison… Son destin est quasiment tout tracé et il rêve à une vie différente (comme la plupart d’entre nous). Et le destin le lui apportera… et ce grâce au jeu vidéo !

Une technique de pointe

Pour l’anecdote technique, Starfighter est le tout premier film à présenter un vaisseau spatial réaliste en images de synthèse. Ces images ou CGI sont issus d’un supercalculateur Cray (ordinateur surpuissant qui était utilisé pour modéliser essentiellement des objets en 3D) qui servit notamment pour Tron et Star Trek 2 entre autres. L’aspect des vaisseaux reste proche de l’imagerie des jeux vidéo dont le film s’inspire. Le métrage contient environ une vingtaine de minutes de scènes spatiales entièrement virtuelles, ce qui relève de l’exploit technique pour l’époque. The Last Starfighter, c’est un autre de ces space-operas totalement fantaisistes, qui tire ici son originalité de l’intrigue d’un jeu vidéo servant d’entraînement à un futur combat spatial. Certes, on a énormément du mal à y croire, mais qu’importe, la magie opère ! Les effets spéciaux impressionnants du film ont à peu près bien vieillis (plus de 25 ans déjà) compte-tenu de leur grand âge !

Les Américains en ont  fait une version DVD et un Blu-ray collector pour les 25 ans du film. Toutefois des annonces assez sérieuses laissent penser que ce  métrage connaitra une suite, un peu comme Tron Legacy sortant plus de 20 ans après le premier Tron (même si la popularité de ce dernier est bien supérieur à celle de Starfighter). J’ai malgré tout bon espoir de voir un jour ce film sur grand écran, en espérant qu’il ne trahira pas l’esprit « bon enfant » du premier en se contentant seulement d’afficher une débauche d’effets spéciaux et un scénario proche du vide interstellaire…

Une belle orchestration

Flash required

La musique symphonique de Craig Safan a sans aucun doute contribué à son tour à attirer l’attention des fans de space-opera au début des années 80. Considéré comme l’œuvre incontournable de ce compositeur relativement peu connu, le score de The Last Starfighter apporte son lot d’aventure épique et d’héroïsme au film de Nick Castle. Si, après une première écoute, on est tenté de rapprocher inévitablement le Star Wars de John Williams avec la partition de Craig Safan, d’un point de vue plus concret, il n’en est rien tant le choix du compositeur de ne pas utiliser la technique des leitmotiv diffère radicalement de la célèbre partition épique de John Williams. Effectivement, la partition repose sur un seul et unique thème principal, une traditionnelle fanfare héroïque et entraînante évoquant les exploits d’Alex Rogan tout au long du film. Pour le compositeur, The Last Starfighter fut l’occasion rêvée de donner un nouvel élan à sa jeune carrière d’autant plus que le script du film l’a particulièrement enthousiasmé. En composant un seul grand thème principal, Craig Safan va utiliser ce dernier tout au long du film à travers une multitude de variantes qui permettront au thème de s’accommoder à chaque situation (et ce même si l’on trouve aussi quelques motifs, utilisés plus discrètement et mis parfois en retrait par rapport au thème principal et ses variantes).  Enfin et pour rester le plus exhaustif possible, il convient de citer également  deux morceaux anecdotiques pop rock très typés 80’s (non signés de Craig Safan) que l’on peut sans mal oublier du fait de leurs caractères insipides et « passe partout ». Ces derniers n’apparaissent que pour la seule raison de donner au film lors de sa sortie un coté jeune et fun…

Le jeu vidéo dans le film

Le film de Nick Castle est une tranche de témoignage d’une époque, celle de l’âge d’or des bornes d’arcades. La première véritable console de salon, la NES de Nintendo n’existait pas encore, les jeux de cafés dévoraient pièce après pièce… 1984, c’était aussi l’époque de l’Amstrad CPC 464, du Commodore 64, du ZX Spectrum, etc. Bref, une période bénie où le marché du jeu vidéo était en pleine expansion, propice à trouver enfin sa voie dans le cinéma. Et si l’univers du jeu vidéo est très présent dans le film, celui-ci le fut également en dehors puisqu’il connut deux adaptations sur Atari. Puis en 2007, à la surprise générale, un fan créa une version fidèle du jeu pour PC (avec sons et musique originels) qu’on peut toujours télécharger à cette adresse… les plus nerdstype de geek, personne solitaire et socialement handicapée qui est passionnée et obsédée par un sujet, tel que l'informatique, les jeux vidéos, le cinéma, les nouvelles technologies, les univers fantastiques,... trouveront même les plans pour fabriquer leur propre borne d’arcade Starfighter.

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