The Adventures of Lolo

Sauvetage casse-tête

Décidément, Nintendo est abonné aux princesses éplorées qui se font enlever par un gros méchant ! J’ai ma théorie sur la question : les scénarios, écrits sur des petits bouts de papier,  sont piochés dans un chapeau, mais une fois utilisés, ils sont remis dedans. Ça expliquerait le fait que ce scénario se répète inlassablement…

C’est en 1989 que ce jeu de réflexion de Hal Laboratory est édité, studio à qui l’on doit depuis Kirby’s dreamland, Earthbound, Super Smash bros, … que des licences à succès de Nintendo. Et déjà on sent l’inspiration pour Kirby dans les traits tout en rondeur du héros, héros qui répond au doux nom de Lolo.

Que faire quand on est un petit être sans défense dans un monde où la kalachnikov n’existe pas et où un monstre gros et balèze vous pique votre copine ? Il n’y a pas 36 solutions, il faut se mettre aux arts martiaux. Bon, à défaut de formation offensive, vous pouvez utiliser votre tête pour résoudre des énigmes, mais ça c’est vraiment au cas où vous ne voulez pas taper dans le lard des $¤@# qui ont enfermé votre petite copine … Évidemment, quand on est petit et rond, on n’est pas aidé par la nature pour les opérations sauvetages. Si en plus vous êtes de couleur bleu, couleur qui ne se fond pas avec le paysage pour pouvoir faire de l’infiltration, vous devez développer vos propres méthodes de survie. Ou alors il faut vous passer de princesse…

Donc, votre princesse a été enlevée par Great devil, et emmenée dans son château. A vous de la délivrer en gravissant tous les étages, tel Bruce Lee dans le Jeu de la mort. Le château comporte dix niveaux comprenant chacun cinq salles. Quand la cinquième salle de chaque niveau a été franchie, un escalier apparaît conduisant au niveau suivant. Dès le premier étage du château, le ton est donné : vous êtes le SEUL qui peut sauver la princesse Lala qui vous appelle au secours (on notera au passage la similarité entre vos prénoms, si c’est pas de la destinée ça ! … Ou alors des scénaristes sous-payés…).

Chaque salle a une porte qui est fermée. Quand vous avez recueilli tous les cœurs présents à l’intérieur d’une salle, un coffre s’ouvre révélant un joyau. Une fois que le joyau a été recueilli, une porte de sortie apparaît et vous pouvez passer dans la salle suivante. Je récapitule : dans chaque salle vous trouverez des cœurs, un coffre fermé contenant un joyau, une porte dont l’ouverture est commandée par le joyau, des ennemis (qui disparaissent quand vous récupérez le joyau), des blocs que l’on peut pousser et qui vous protègent des tirs. Chaque salle possède également un terrain spécifique : rivière, arbres, rochers, ponts, herbes, lave. Ce terrain a des qualités qui lui est propre (vous ne pouvez pas traverser l’eau et la lave, l’herbe vous protégera des ennemis, le rocher bloque tout le monde, …). Les cœurs vous confèrent aussi certains pouvoirs selon les niveaux. Ils vous permettent de tirer sur les monstres et les transformer en œuf. Vous pouvez tirer de nouveau dessus afin d’éjecter l’œuf hors de la salle, dans tous les cas le monstre revient au bout d’un temps. Vous pouvez aussi briser des rochers grâce à un marteau, créer un pont au-dessus de l’eau ou déverrouiller un passage (sous forme de flèche). Toutes ces options ne sont possibles que dans certains niveaux. Toute la difficulté du jeu est là, il faut réfléchir pour se débarrasser des monstres avec seulement la typologie du terrain et les pouvoirs restreints donnés par les cœurs.. 

Flash required

Les monstres ont chacun un comportement différent. Certains monstres ne bougent pas mais si vous avez le malheur de passer devant eux, ils vous pétrifient ! D’autres ne se déplaceront que quand vous aurez récupéré tous les cœurs, d’autres encore s’activent dans tous les sens sans but. Et ce gros lâche de Great devil se cache au dernier étage de son château fort, protégé par bon nombre de serviteurs au cas où vous seriez plus fort qu’il n’y paraîtrait … La difficulté est progressive, si les premiers niveaux sont aisés, on est vite rattrapé par des erreurs. D’ailleurs si vous êtes coincé, vous avez la possibilité de vous suicider. C’est beaucoup de réflexion que réclame ce jeu car il faut bien penser à mesurer vos actions, à les prioriser selon un ordre précis qui permettra d’en débloquer de nouvelles. Un vrai challenge ! Heureusement vous avez des mots de passe pour revenir au niveau qui coince.

Question graphisme, on est en 1989 sur une console 8 bitarchitecture d'un processeur des années 80, typique d'une époque et du retrogaming : il ne faut pas trop en demander. De plus, le titre est édité à destination des plus jeunes (licence Nintendo oblige) malgré une difficulté qui pourra les rebuter. C’est mignon, la princesse est toute rose, le héros tout bleu, on ne se méfierait même pas de méchants tellement ils ont l’air inoffensifs et adorables (vous pouvez aussi remplacer à convenance les adjectifs de la phrase précédente par « niais », « puéril », « pour gonzesse ») ! De toute façon, ce n’est pas sur les graphismes qu’est attendu le softwaredésigne le logiciel, la partie programme informatique, les données intangibles par essence. S'oppose à hardware qui définit toute la partie physique du matériel informatique , mais sur les défis à relever. Le jeu est en vue de dessus et chaque salle tient dans l’écran. La musique est sans prétention, et la partition musicale n’est pas très élaborée. Le compositeur, non crédité, est Hideki Kanazashi. On est suivi par le même thème pendant toute notre ascension de la tour de la mort et celui-ci ne comporte que peu de mesures. C’est une marche joyeuse, mais qui devient entêtante voire carrément lassante au bout de quelques heures. L’autre thème est celui du boss de fin, mais qui n’est guère développé, il est plus rythmique que mélodique. Les autres musiques ne sont guère que des jingles de quelques secondes pour passer les étages, ou à chaque victoire.

The Adventures of Lolo fait parti de la saga Eggerland mystery, à conseiller à ceux qui aiment les casse-têtes. Edité seulement en dehors du Japon, ce jeu vidéo sans prétention a eu assez de succès pour qu’un deuxième épisode soit édité, puis un troisième. A croire que les princesses aiment se faire enlever. Une minute ! Et si c’était ça la vérité ! Les princesses aimerait les bads guys ! … Je vous laisse méditer là-dessus.

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