Silent hill – le film

Dans la ville fantôme…

Quand une franchise marche, on l’adapte ! C’est la loi d’Hollywood. La série Silent hill débuta en 1999 sur la Playstation et a connu six suites dont une relecture du premier épisode. Et ce n’est pas fini ! Must du survival horrortype de jeu vidéo où le joueur doit survivre dans un environnement peuplé de morts-vivants ou d'autres créatures surnaturelles. Des éléments scénaristiques, visuels et l'ambiance générale sont empruntés au cinéma d'horreur, avec une ambiance et un style qui lui est propre, Silent hill (la colline silencieuse !) se devait d’être adaptée au cinéma. Mais l’idée ne vient pas d’outre Atlantique…

Sorti en 2006, réalisé par le frenchy Christophe Gans, à qui l’on doit Crying Freeman ou le Pacte des loups, Silent hill est un mélange de genre, d’une part le fantastique, d’autre part le film d’angoisse voire d’horreur. Fan de la série, Christophe Gans a négocié les droits d’adaptation avec Konami, la société à l’origine du jeu pour adulte. Vu qu’il existe de nombreux fans du jeu de par le monde, qui vouent un culte à tout l’univers vidéo-ludique, le film était attendu au tournant…

Tout part de l’amour d’une mère pour son enfant. Rose décide d’amener sa fille Sharon, atteinte de somnambulisme, dans la ville qu’elle ne cesse de nommer dans son sommeil : Silent hill. Elle perd sa fille lors d’un accident de voiture près du panneau d’entrée de la ville  perdue dans le brouillard. Dès lors, sa quête pour retrouver sa fille commence dans une ville fantôme, terrifiante et angoissante.

La ville entière est abandonnée depuis 30 ans. Elle est couverte de cendres, dû à un incendie grave, et envahies par des créatures démoniaques et damnées. Celles-ci sont repoussantes, malsaines, et en même temps très humaines, inspirées de cauchemars. Les corps humains sont difformes, les visages sont figés dans des cris silencieux, ce qui perturbe beaucoup. Au nombre des créatures présentes également dans la série, nous pouvons citer :

  • les cafards, au visage presque humain et au langage audible
  • l’homme-tronc, sans visage, à la démarche chaotique, à la cage thoracique énorme et sans bras. Un liquide noir corrosif sort de son abdomen
  • l’enfant gris (gray child), grands enfants à la tête difforme qui part en vrille sur le côté, qui crie en chassant
  • les infirmières, femmes sans visages, bloquées en un cri (Munch), aux formes avantageuses mais au corps en putréfaction. Elles ont les mêmes mouvements et sont aveugles. On dirait une chorégraphie !
  • le concierge, être torturé rampant avec les jambes attachées par des fils de fer et remontant dans le dos. Son corps couvert d’immondices part en lambeaux, et il a une attitude obscène.
  • Red Pyramid, grand homme intimidant de 2,10 mètres, musculeux et à la chair sanglante et lacérée . Il possède une énorme épée et un masque pyramidal. Il ressemble à un bourreau et agit comme tel. Ses mouvements et déplacements sont saccadés et inspirés du jeu.

Tous ces monstres sont, semble-t-il, des humains damnés, qui souffrent mais qui veulent aussi faire souffrir les humains. La ville entière semble subir une malédiction qui n’est pas sans rapport avec Sharon. Les habitants eux-mêmes vivent un cauchemar sans fin.

Les acteurs sont Radha Michell qui joue la mère Rose, Sean Bean qui joue le père Christopher, Laurie Holden qui joue la femme policier Cybil, Deborah Kara Unger qui joue Dahlia la mère d’Alessa, Alice Kirige qui joue Christabella la « maire » de Silent hill, et surtout Jodelle Ferland qui joue Sharon et Alessa (et aussi une figure beaucoup plus noire…).

Terrifiant, glauque, angoissant, esthétiquement superbe et travaillé, c’est une vision surréaliste, un univers splendide et inquiétant. Les décors témoignent d’un énorme travail, il y en a 165 différents. La ville elle-même existe sous quatre versions différentes :

  • une version « 30 ans auparavant » propre et habitée
  • une version de nos jours, vidée de sa population
  • une version « dans la brume » et dans les cendres, qui semble exister sur un autre plan
  • une version « avènement des ténèbres », quand la version « brume » se transforme en une version infiniment plus noire, où les murs semblent faits de chair écorchée…

De fait pour la même pièce, nous avons une version belle, une version vieillie aux murs effrités, aux peintures écaillées, une autre version encore plus grise et sans couleurs, dans un état de délabrement avancé, et une dernière version sale et cauchemardesque, pervertie où la rouille domine et les murs sont couverts de sang.

Bel hommage à la série, le film reprend d’ailleurs des personnages et son esthétique. Les mouvements de caméra du jeu sont reproduits pour certaines scènes. Le héros masculin du jeu, Harry Mason, est remplacé par une femme, on y gagne en profondeur et en sentiments. Ce qui créé un contraste saisissant entre le monde réel strictement masculin et le monde des cauchemars où les héros sont des femmes.

Silent Hill Le film
envoyé par Geforce256a. – L’info internationale vidéo.

Sans en dévoiler trop sur le film, on peut dire qu’il dénonce le fanatisme religieux et illustre avec brio l’enfer sur Terre.

Pas moins de 100 millions de dollars de recette pour cette luxueuse production, une suite est prévue mais non réalisée par Mr Gans.

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