Power Drift

Power Drift, let’s the buggy style !

start your buggy

Power Drift, la 4ème claque en arcade de Yu Suzuki

Power Drift est un jeu de buggy dans lequel les courses se jouent en circuit fermé, chose assez rare à l’époque de sa sortie en 1988. Quatre tours par course et douze concurrents sur chacune d’elles.
Le jeu comporte cinq circuits, chacun composés de 5 courses. Il faut finir dans les 3 premiers pour accéder a la course suivante d’un circuit comme l’instituait alors  la règle dans nombre de jeux d’arcade analogues. Au final, on dénombre pas moins de 25 courses, ce qui confère au titre  une très bonne durée de vie . Celles-ci sont endiablées, très rapides et exigent une  bonne concentration pour ne pas partir dans le décor… Certains parcours font intervenir des dénivelés de folie : passerelles sans rebord et là, au moindre écart c’est la chute fatidique, tremplins et sauts d’une passerelle à l’autre. Et tout cela à vitesse grand V,  à la manière des bons vieux Outrun et consorts.

Graphismes et animation exceptionnels : Le Y board révèle sa force

Le jeu tourne sur le Y board hardware (Galaxy force 2, Rail chase) qui tire sa puissance des trois processeurs 16 bits mc68000 là où les autres hardwaresle hardware représente toute la partie physique d'un matériel informatique, cartes électroniques, processeur, disque dur, périphériques... Par opposition, le software représente toutes les données non tangibles de la firme (xhardware, Outrun hardware, …) n’en utilisent que deux. Les jeux de course précédemment sortis en arcade par Sega entre 1985 et 1989 étaient par ailleurs considérés comme techniquement indépassables. Seul Sega était alors en capacité d’aller encore plus loin (maitrise technique et expérience de l’arcade haut de gamme) et la firme ne se privait pas de montrer sa supériorité technologique.
Comme la plupart des jeux de l’époque, Power Drift affiche une fausse 3D à base de spritesélément graphique d'un jeu en 2D, qui peut être animé et est différent du décor zoomés, sauf qu’ici viennent s’ajouter des rotations à chaque virage : tout s’incline, bas cotés route, décors de fond pour accompagner la prise du virage. Totalement bluffant voire même décoiffant…
Power Drift reste à mon humble avis le jeu le plus avancé techniquement sur son temps, talonné de très près par Galaxy Force disposant également de la même architecture technique.
Il suffit pour s’en convaincre, de regarder en comparaison les autres jeux de courses de la même période, l’écart est flagrant. Dans Power Drift, chaque élément du décor est énorme : les buggys sont surdimensionnées, les petits palmiers de Outrun laissent place cette fois à des arbres géants, des maisons géantes, des pancartes géantes. Bref, l’écran est remplis de spritesélément graphique d'un jeu en 2D, qui peut être animé et est différent du décor animés à toute vitesse, qui sont zoomés et s’inclinent sans la moindre baisse de fluidité. Bien des programmeurs ont du rester pantois devant l’exploit !
Rien qu’au commencement de chaque course, le ton est donné avec une vue d’ensemble de cette dernière qui tourne en temps réel, la caméra descendant se placer derrière le joueur. Toutefois, cette débauche de décors et d’effets spéciaux   rend le jeu un peu confus parfois, notamment dans les niveaux avec des échafaudages rouges (géants également).

Gameplay

La maniabilité est un peu  spéciale, la conduite est très vive et laisse place aux réflexes et à la connaissance du circuit par cœur plutôt qu’à une réelle maîtrise de l’engin. Éviter les autres concurrents n’est pas facile mais cela tient certainement au fait que nous sommes sur un jeu d’arcade où l’éclate immédiate doit primer avant tout. Et puis rappelons aussi le principe de base qui sous-tend la difficulté de ces jeux : les espèces sonnantes et trébuchantes dont ces machines pouvaient se goinfrer…  Ah temps béni du porte monnaie dégarni mais avec la mine réjouie d’avoir découvert un titre des plus réussis. A noter que le jeu demande des mouvements assez violents de volant. Sur un bon volant de borne, les sensations sont au rendez-vous, mais beaucoup moins sur un volant PC ou Dreamcast classique qui auront tendances à se fixer, à bon entendeur !

Flash required

La musique

Des voix digitalisées accompagnent chaque dépassement dans une course, annoncent le départ et le nombre de tour restant. Effets garantis et en 1988, disposer d’autant de voix tenait là aussi de la gageure. Le bruit du moteur est discret, le bruit du dérapage un peu crispant.
Les musiques : cinq au total, une par course allant du très bon à l’excellent. Mais la qualité du son est bien présente et on retrouve les accords de guitares saturées déjà  présents dans After Burner II, idem pour la batterie et ses sons de ride. En terme de  composition le jeu recèle un petit bijou pour le 5ème circuit qui ne déplaira pas aux fans d’Outrun.

Emulateurs afin d’ y jouer :

  • Dreamcast : le Yu Suzuki gameworks, compilation Dreamcast de 5 jeux d’arcade de la seconde moitié des 80’s. Conversion parfaitement fidèle de la borne. Seul défaut : le volant Dreamcast n’est pas réglable et les coup de volant jusqu’à la butée empêchent de le fixer correctement… Exit les véritables sensations de la borne !
  • Borne d’arcade type Taken : encore faut-il pouvoir en dénicher une et qui plus est en version Deluxe …

Et que dire pour conclure

Des courses endiablées, brutales, des gros coups de volant à gauche à droite, pas le temps de finir un virage avant de voir le suivant arriver, une réalisation hors norme qui force encore le respect aujourd’hui, au point de faire passer le jeu pour un dessin animé très pixelisé. Ajoutez à cela une bande son d’enfer, une cabine haute en couleur avec un look imparable : mélange de kitch et de sophistication. Vous obtenez un titre phare de l’age d’or de Sega en arcade prouvant une fois encore tout le savoir du maitre Yu Suzuki en la matière. Les temps ont bien changés, à l’heure où Sega France est sur le point de fermer…

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