Paperboy

Livreur téméraire

D’abord sorti en 1984 sur borne d’arcade, Paperboy a connu de nombreux portagesfait de transporter une application d'une plate-forme à une autre sur différentes consoles de jeu. Les derniers en date : une adaptation au pixelplus petite particule composant une image numérique, de forme rectangulaire et de couleur près mais en HDHaute définition, format d'une image ayant un nombre important de pixels, donc une meilleure résolution et une meilleure qualité que les images de télévisions cathodiques sur le Xbox Live Arcade et une application Iphone légèrement remaniée pour l’occasion, globalement réussie. Mais revenons à cette année 1984, année noire pour Atari : terriblement ébranlé par le récent crash survenu au marché occidental des jeux vidéo, la société se retrouve alors éclatée en plusieurs entités. Tandis que le secteur déficitaire des micros et consoles est vendu à Jack Tramiel (qui procède à une restructuration drastique), la Warner elle, conserve la propriété de la division arcade encore rentable à cette époque et renommée pour l’occasion Atari Games. Dans ce contexte difficile, Paperboy compte alors parmi ses premières licence à succès.

La genèse de Paperboy fit couler beaucoup d’encre durant les année 80 : officiellement, les auteurs crédités (John Salwitz, Dave Ralston et Russel Dawe) ont étés eux-mêmes livreurs de journaux dans leur enfance et se seraient inspirés de l’expérience acquise dans ce job pour concevoir le jeu. Toutefois, en 1986, le quotidien Mercury News fait état de poursuites lancées contre Atari par deux adolescents, Mark Caesar et Robin Hallingstad. Réclamant un million de dollars de dommages-intérêts, plus une participation aux profits liés à l’exploitation de la licence Paperboy, les plaignants accusent la société de leur avoir volé une idée qu’ils lui avaient auparavant soumise sous forme de proposition détaillée en 1983. Atari coupable de plagiat par des accusateurs respectivement âgés de 14 et 16 ans, on croit rêver et pourtant…

 

Grande première dans le domaine de l’arcade, le titre vous propose de vous mettre au travail et qui plus est pour effectuer un petit boulot pas très glamour. En effet , dans Paperboy, le joueur incarne un jeune livreur de journaux à vélo (en BMX plus exactement) chargé de réaliser sa tournée quotidienne le long de trois parcours équivalent à trois niveaux : du plus simple (Easy Street) au plus difficile (Hard Way), en passant par un niveau de difficulté intermédiaire (Middle Road). Après avoir sélectionné un parcours et avant que l’action ne débute pour de bon, le plan du quartier choisi s’affiche à l’écran en distinguant les maisons des abonnés de celles des non-abonnés qu’il faudra punir… Vous l’avez compris, il s’agit avant tout de livrer au mieux et au plus vite les paquets. Tout cela paraît fort simple à première vue mais c’est sans compter sur toute une flopée d’obstacles qui viendront se mettre en travers de votre chemin. Ainsi votre livreur est régulièrement perturbé par la présence d’obstacles mobiles (voitures, chiens, chats, tondeuses en folie, sportifs du dimanche et autres poivrots) ou immobiles (poubelles, plaques d’égouts, bouche d’incendie, …).Certains d’entre eux peuvent être neutralisés par un lancer de journaux, les autres sont à éviter et tous deviennent plus nombreux au fil des sept stages (un pour chaque jour de la semaine). Avec l’éternelle recherche du meilleur score et sa relative difficulté, réussir une tournée est un vrai challenge. Ainsi, chaque fois que le joueur se paie un obstacle, vous perdez inéluctablement une vie. A cela s’ajoute la présence du traditionnel timer, revêtant pour l’occasion l’aspect d’un essaim d’abeilles vous pourchassant dès que vous roulez trop lentement.

Les maisons de vos clients sont reconnaissables entre toutes grâce à leur façade de couleur vive et joyeuse ainsi qu’une belle boîte aux lettres rouge prête à recevoir un exemplaire du précieux Daily Sun. Si vous êtes un as du lancer, essayez d’atteindre la boîte aux lettres pour obtenir un super-bonus ; si vous êtes moins précis, cantonnez-vous à viser le paillasson jaune situé devant la porte d’entrée. Dans tous les cas, prenez garde à ne pas endommager la propriété d’un client durant la tournée, sinon celui-ci résilie son abonnement ; évitez également de gaspiller votre stock de journaux, limités en nombre : des piles de quotidiens disposées tout au long du parcours permettent heureusement de refaire le plein de « munitions ». Les non-abonnés (maisons grises) font l’objet d’un tout autre traitement ! Faites-vous plaisir en brisant leurs vitres, saccagez leurs plates-bandes et maltraitez leurs occupants à grands coups de journaux dans la figure.

Une borne très originale

La borne d’arcade comporte un dispositif de contrôle original, clin d’œil humoristique au volant des jeux de course autant qu’un moyen efficace de faciliter l’immersion du joueur ; l’idée d’intégrer un guidon est en effet partie du simple constat qu’un jeu en 3D isométriquereprésentation en perspective où la longueur, la hauteur et la profondeur ont la même importance, on parle aussi de vue de 3/4 n’était pas évident à maîtriser avec un joystickmanette de jeu vidéo composée d'un manche, présente sur toutes les bornes d'arcade, opposée au joypad ou croix directionnelle utilisé par les consoles de salon. Le joystick permet de contrôler les déplacements à l'écran traditionnel : les premiers essais alternatifs ont été effectués avec les commandes d’une borne Star Wars (commandes qui s’avèrent elles-mêmes inspirées du jeu Battlezone). Autre héritage de Star Wars, des voix digitalisées parsèment le jeu avec les commentaires du directeur marketing d’Atari.

C’est vieux, mais c’est bon l’arcade à la maison !

Comme vous vous en doutez, un jeu de 1984, a perdu de sa superbe aujourd’hui. Il n’en demeure pas moins assez agréable et ce pour deux raisons : un terrain de jeu en 3D isométriquereprésentation en perspective où la longueur, la hauteur et la profondeur ont la même importance, on parle aussi de vue de 3/4 et un principe toujours accrocheur.

Gros succès en salle d’arcade, Paperboy doit en partie sa renommée à des graphismes splendides en haute résolution : l’Atari System 2 a su se distinguer des autres hardwaresle hardware représente toute la partie physique d'un matériel informatique, cartes électroniques, processeur, disque dur, périphériques... Par opposition, le software représente toutes les données non tangibles en s’appuyant sur un CPUMicroprocesseur gérant l'ensemble des ressources du microordinateur maison (le T11), au lieu du traditionnel Z80 alors en vogue. Ce choix a permis d’assurer un affichage en 512 x 384 pixelsplus petite particule composant une image numérique, de forme rectangulaire et de couleur, là où la plupart des jeux sortis en 1984 se cantonnent au mieux à du 256 x 256 (tel l’illustre Kung-Fu Master). La prouesse technique est restée une exclusivité de l’arcade, toutefois certaines conversions s’avèrent particulièrement réussies. Paperboy a eu droit à une fournée consistante d’adaptations micros et consoles :

Adaptations sur micros et PC : Tandy Color Computer (1985, « Paper Route« ) ; Commodore 16 (1986) ; Amstrad CPC (1987) ; Commodore Amiga (1989) ; PC [CD-ROM] (1998, « Arcade’s Greatest Hits : The Atari Collection 2« ) ; PC [CD-ROM] (2004, « Midway Arcade Treasure« ).

Adaptations sur consoles : Atari Lynx (1990) ; Sega Mega Drive (1990) ; Sony PlayStation (1998, « Arcade’s Greatest Hits – The Atari Collection 2« ) ; Nintendo Game Boy Color (1999) ; Sega Dreamcast (2000, « Midway’s Greatest Arcade Hits Volume 2« ) ; Sony PlayStation 2 (2003, « Midway Arcade Treasure« ) ; Nintendo GameCube (2003, « Midway Arcade Treasure« ) ; Microsoft XBOX (2003, « Midway Arcade Treasure« ) ; Sony PSP (2005, « Midway Arcade Treasures – Extended Play« ) ; Nintendo Game Boy Advance (2005, « Paperboy / Rampage« ) ; Microsoft XBOX 360 (2007, « Xbox Live Arcade« ).

Au final, le jeu reste encore aujourd’hui toujours aussi sympathique à jouer sur Xbox ou Iphone qu’il y a 25 ans sur la cabine d’origine, le contrôleur guidon en moins. A vous les folles traversées en vélo bicross à saccager les  jardins de banlieues, le walkman (l’Ipod des années 80) sur les oreilles  !!!

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