Nobuo Uematsu

ode au lyrisme…

Dans la famille des compositeurs de renom, je voudrais le moustachu, le pianiste, l’adulé des gamers du monde entier, celui sans qui la fantaisie aurait été finale !… Nobuo Uematsu est un mélodiste japonais, une grande figure du jeu vidéo, un de ceux qui créent l’adéquation entre le sentiment, l’image et la musique.

Si Nobuo était destiné à être médecin ou avocat, selon les désirs de ses parents, il leur préfère une carrière sportive de lutteur professionnel, voire de sumotori, athlètes qu’il apprécie. Seulement voilà, à 12 ans, il commence à apprendre à jouer au piano, apprentissage que l’on doit à une envie de jouer comme Elton John. Il compose des morceaux durant ses années de collège et forme même un groupe avec ses amis à l’âge de 22 ans. Mais Nobuo a l’écriture dans le sang et il préfère écrire la musique plus que de la jouer. Il envoie alors des cassettes de démo à plusieurs compagnies, dont des agences publicitaires et des radios, l’une d’elles lui achète sa musique pour des spots publicitaires.

Le tournant de sa vie, et de beaucoup d’autres, s’effectue en 1985. Un de ses amis, qui travaille dans le milieu du jeu vidéo, sait que son entreprise recherche des compositeurs et le présente à son patron : Hironobu Sakaguchi (grand nom de la création dans le domaine du jeu vidéo, l’entreprise dans laquelle il travaille se nomme Squaresoft…). Voilà comment la rencontre s’est effectuée. Par la suite, Squaresoft est en difficulté financière et Hironobu décide de sortir un dernier jeu avant de mettre la clé sous la porte. Final Fantasy, au titre qui en dit long sur la situation de l’éditeur, s’inspire du jeu Dragon quest, RPG qui a eu du succès et sort en 1987. Le jeu rencontre un succès inespéré et sauve la société de la faillite. Les « suites » du jeu abondent (ce ne sont pas à proprement parler des suites mais des jeux regroupés sous un même nom générique et ayant des caractéristiques en commun), nous en sommes aujourd’hui à Final Fantasy XIV, et Nobuo a travaillé sur chacune d’entre elles, composant l’intégralité des FF de I à IX et du XIV, co-composant les FF X et XI, et écrivant une chanson ou un remix pour le XII et le XIII.

Si Nobuo Uematsu est connu par Final Fantasy, ce n’est pas le compositeur de cette seule série de jeu vidéo. D’autres jeux made in Squaresoft eurent les honneurs de sa griffe. Il a composé aussi la bande originale de plusieurs séries animées et de films.

ludographie : Lord of Vermilion, Blue dragon, Lost odyssey, Final Fantasy I à XI, Final Fantasy XIV, Gun Hazard, Sakura note, King’s knight,…

filmographie : Ah ! my goddess, Blue dragon, Final Fantasy la série animée, Guin saga, Final Fantasy VII : advent children,…

Flash required

Nobuo est une figure romantique, ses mélodies simples touchent à l’essentiel et créent le sentiment, adéquat, qui accompagne et enrichit le support, jeu, film ou animé. Si au départ, l’architecture de la machine, 8 bit, est un frein pour composer, Nobuo est assez créatif pour passer outre et faire de simples harmonies sur une mélodie reconnaissable. Le passage à la technologie 16 bit permet un choix sonore plus affirmé, et Nobuo va créer des partitions emblématiques et inoubliables qui culmineront avec Final fantasy VI , où il compose un opéra pour les besoins du scénario. Lorsque Squaresoft quitte Nintendo pour se lier à Sony, il quitte la cartouche pour le CD, permettant un stockage plus important des données, et par conséquent de la musique orchestrale !

Certains thèmes seront repris dans toute la série et déclinés, remixés, transformés et agrémentés d’ajouts : le prélude est commun à toute la série, il porte bien son nom car il ouvre généralement le jeu de sa musique éthérée et contemplative, sa construction est classique et en arpèges, il est agrémenté d’un thème calme et reposant au bout de quelques épisodes. Le thème des chocobos (sorte d’autruche jaune, mascotte de la série) est à la base sautillant, festif , dansant et amusant, il est repris et décliné dans un genre musical différent à chaque épisode (samba, techno, mambo, country, jazz, rock, valse, inspiration hawaïenne …). Le thème de Final Fantasy, généralement prologue qui accompagne la présentation en cinématique, ressemble à une marche nuptiale, à une célébration.

Ses plus beaux thèmes témoignent d’une inspiration géniale et constante. Nobuo garde généralement pour un même jeu une unité mélodique et utilise le pouvoir évocateur de ses musiques pour créer le sentiment. Ainsi le Prélude, avec sa douceur zen, est propre à la réflexion. Le thème de Final Fantasy IV a une introduction comme un envol, s’ensuit une douce mélodie qui crée la mélancolie. Décliné à la flûte, le thème de Terra (Tina) de Final fantasy VI est une complainte calme, sincère et belle mais qui mène vers l’espoir dans un second thème. Dans le même jeu, Edgar et Sabin ont un thème royal (normal), binaire, carré et martial. Shadow, lui, a droit à une musique de western ! Dans Final Fantasy VII, le thème d’Aerith scintille, précieux et fin, d’une tristesse sous-jacente, il est très humain et sentimental. One-winged angel, l’une des réussites de Nobuo (regardez-donc la vidéo !), est martial et funeste, elle sonne comme un glas (qu’elle utilise d’ailleurs) et appuie sur le mot Sephiroth, c’est une sentence de mort. Le thème de la sorcière dans Final Fantasy VIII est une danse tribale vénéneuse et mortelle qui reprend les chœurs de l’introduction. Plusieurs thèmes de Final Fantasy VIII (Blue Fields, Fisherman’s horizon, Breezy) sont calmes et respirent la sérénité. Le thème de Final Fantasy IX est d’inspiration médiévale, à deux voix. Vamo ‘alla flamenco est un flamenco, théâtral, scénique, dansant. Les thèmes de combat sont vifs, rythmiques, tout en tension, c’est des oppositions de notes aiguës et de notes graves, et une utilisation du staccato.

Nobuo a vu sa musique jouée dans de nombreux concerts, éditées en CD dans de nombreuses versions différentes (surement les CDs de musique de jeu vidéo les plus vendus au monde) dont des transpositions magnifiques au piano et une réinterprétation de Final Fantasy IV par un ensemble de musique celte, mais malheureusement il ne possède pas les droits sur ses compositions de Squaresoft et ne reçoit aucune royalties sur la vente des CDs de Final Fantasy I à XI. Depuis 2004, Nobbuo Uematsu a quitté Square-Enix et a créé sa propre société Smile please, même s’il continue à composer ponctuellement pour eux. Il monte un groupe de hard rock mélodique appelé the Black Mages qui reprend ses compositions de jeu vidéo. Vivement ses prochaines compositions !


The Black Mages [ATS] -Those Who Fight Further… par Veneratedmaster

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