Ni no Kuni : la vengeance de la sorcière céleste

le studio Ghibli en jeu de rôle

Si les jeux vidéos sont très présents au pays du soleil levant, le japonais est aussi (surtout) élevé au manga et (dessin) animé. Il y en a pour tous les goûts et en quantité phénoménale, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils paraissent tout d’abord dans des magazines de pré-publication afin de tester leur succès (rentabilité) sur le public. Les adaptations de manga en jeu vidéo sont légions (Naruto, Dragon Ball, Saint Seya, Inazuma eleven, …), mais c’est une collaboration plutôt qu’une passerelle entre ses deux médias qui a abouti à Ni no kuni.

Ni no Kuni : la vengeance de la sorcière céleste est un RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle édité en 2010 par Namco sur la console portable Nintendo DS japonaise. Suite à son succès, le jeu bénéficie d’un portagefait de transporter une application d'une plate-forme à une autre étonnant (dans ce sens là) vers la Playstation 3 et arrive en France en 2013 (c’est la version dont nous parlerons ici). Il est né de l’association profitable du studio de développement Level-5 (à qui on doit notamment la série du Professeur Layton) et du studio d’animation Ghibli. Ghibli est à l’origine de plusieurs chefs-d’œuvre de l’animation japonaise, avec des auteurs connus internationalement tels que Hayao Miyazaki ou Isao Takahata pour ne citer qu’eux. Ainsi, c’est un peu de Princesse Mononoke ou de Porco Rosso que l’on retrouve au détour des allées du monde de Ni no Kuni.

Oliver est un jeune garçon qui habite Motorville. Alors que sa mère meurt, ses pleurs donnent vie à son doudou, une sorte de singe bleu et jaune avec une lampe au bout du nez (!). Il s’appelle en fait Lumi et est une créature d’un autre monde, appartenant au peuple-fée … Alors qu’il apprend que ses deux mondes sont connectés ainsi que leurs habitants, Oliver voit une chance de rappeler sa mère à la vie en visitant ce « deuxième monde » (littéralement Ni no kuni).

Chaque habitant du deuxième monde a une âme sœur dans le monde d’Oliver (et plus particulièrement dans Motorville, le hasard fait bien les choses…), et ce qui se passe d’un côté se répercute de l’autre. Oliver a comme mission de réparer les problèmes « affectifs », il doit alors retrouver l’âme sœur afin de régler son problème et se téléporter d’un monde à l’autre. Cette âme sœur peut avoir une apparence moins humaine que son pendant, ainsi une femme dans le monde d’Oliver peut être un chat dans le monde de Lumi. Mais, les sentiments et le caractère restent les mêmes d’un monde à l’autre. Oliver devra alors libérer les cœurs de la personnification des cauchemars lors de combats, et surtout il devra faire du troc de sentiment, qui est cœur du gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... du jeu. En effet, il faut qu’il trouve des personnes débordant d’amour, de courage, de bonté, d’enthousiasme, de tempérance, de foi, d’assurance ou d’ambition afin de leur prélever leur surplus d’émotion et de le partager à ceux qui sont dans le besoin. Une sacrée quête qui vous fera voyager !

Un autre point est l’élevage de familiers, qu’il faut faire évoluer à la manière des Pokémon. L’évolution est personnelle car le familier peut emprunter plusieurs voies, chacune ayant des avantages et octroyant des pouvoirs différents (l faut surtout utiliser des familiers complémentaires car certains pouvoirs seront inefficaces sur des ennemis). Les combats se font à coup de magie, d’invocationspouvoirs permettant de faire apparaître des créatures mythiques ou des divinités pendant un combat, celles-ci aidant le joueur grâce à des capacités spéciales. Caractéristique de la série Final Fantasy entre autres et avec l’aide (indispensable) des familiers ! Chaque personnage a ses propres capacités (magie, mélodies ou tir) et peut s’accompagner de trois familiers qui prendront sa place à tour de rôle pendant le combat. Celui-ci se déroule en temps réel, malgré des moments d’arrêt total lors de choix d’action. Les compagnons réagissent selon des tactiques que l’on peut établir et on gère véritablement qu’un personnage. Les combats ont une part importante dans le jeu pour augmenter les performances des combattants, car les boss sont assez durs si on a pas le niveau nécessaire.

Des missions permettent de gagner des objets, l’objectif est de tuer un monstre particulier qui sévit dans une région, de soigner un habitant, … Les quêtes annexes sont nombreuses et le hardcore gamergros consommateur de jeu vidéo qui finit à 100% le jeu, passe énormément de temps dessus et est expérimenté pourra avec joie compléter sa collection de familier et les faire évoluer, finir les missions de chasseur de primes, trouver tous les objets disséminés ici et là, trouver tous les secrets d’alchimie. Ce qui, je vous l’assure, vous occupera pendant TRES longtemps. On peut d’ailleurs souligner une longue durée de vie du jeu.

Flash required

La progression est assez lente et linéaire, mais le choix se débloque à un certain moment quand les héros passent de la visite de la carte à pied, au bateau, et même à dos de dragon. Le jeu est sous-titré, les voix sont en japonais ou en anglais, la version originale ayant un charme indéniable.  Les cinématiquesphases non jouables qui mettent en place les éléments du scénario. Elles sont souvent produites en image de synthèse, nombreuses, sont signées Ghibli, et c’est un bonheur ! La réalisation est en cel shadingprocédé destiné à rendre les graphismes d'un jeu proche de la bande dessinée : contours noirs, palette de couleurs proche du rendu dessin animé,... Quelques exemples : Jet set radio, Fear effect, DragonBall Z Budokai 2, The Legend of Zelda : the Wind waker, ... et est impeccable, c’est visuellement très riche.

Le fameux grimoire (livre numérique) utilisé dans le jeu est disponible dans la version collector en version papier. Il fourmille de petits renseignements sur les animaux, sur les armes, sur l’environnement et l’écosystème de l’autre monde, sur l’alchimie, sur les runes, … Il a même une partie consacrée à des contes de l’autre monde (contes qui sont des petits indices sur certaines quêtes) ! On retrouve des pages manquantes durant le jeu.

Le compositeur de la bande originale est Joe Hisaishi, connu pour son partenariat fructueux avec Takeshi Kitano sur la quasi totalité de ses films, et compositeur attitré aussi des films animés de Hayao Miyazaki, où son lyrisme prend son essor (Ponyo sur la falaise, Mon voisin Totoro, Le Voyage de Chihiro, Princesse Mononoké, …). Si Monsieur Hisaishi est compositeur de musique de film (et chef d’orchestre reconnu), il n’en est pas à sa première incursion dans le domaine vidéo-ludique, ayant composé la musique de Far east of Eden II : Manjimaru et de plusieurs épisodes de Zoids. Ici, musicalement, ce sont les œuvres du studio Ghibli que l’on retrouve, à commencer par le thème principal très inspiré, que l’on peut retrouver chanté par un enfant dans le générique de fin. Le thème de la ville de Al-Mameuh est arabisant, avec force arabesques et percussions très présentes aux rythmes cycliques. Le thème de la ville de Carabas est entraînant et rappelle une fête de rue, dansante et joyeuse grâce aux clochettes et aux flûtes. One fine morning respire la sérénité, avec une progression lente de la mélodie soutenue par de jolies trilles représentant les oiseaux chanteurs saluant le matin. Le thème de la ville de Motorville est quant à lui plus dynamique, figurant l’activité frénétique de la ville, on notera d’ailleurs la référence stylistique à Gershwin et à son Rhapsodie in blue. Il y a de l’élégance dans la composition, inspirée par des chants traditionnels irlandais entre autres (présence important de la flûte et du piano), le thème principal est un brin nostalgique.

L’univers est certes enfantin mais très plaisant, nous sommes devant un conte, un peu naïf même si le thème est la mort d’un parent et son acceptation. Un bon RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle, beau pour les yeux et les oreilles.

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