Fright Night

Un jeu sang pour sang fidèle au film (ou presque)

Le vampire (dont le maître-étalon est représenté en la personne du compte transylvanien Dracula) et les mythes vampiriques connexes (de Nosferatu à Elisabeth Batori ) en passant par les ignobles récits de la « bitlit » (littérature mordante pour jeunes filles dont le pire représentant est sans nul doute Twilight), ces personnages gothiques aux crocs acérés et à l’érotisme exacerbé sont vraiment dans l’air du temps. Pas une seule journée ne passe sans que l’on nous rabatte les oreilles avec ces figures à l’éternelle jeunesse et assoiffés d’hémoglobine. Le marketing y est  pour beaucoup certes, mais là on frise l’overdose !!! Il est d’ailleurs surprenant de ne pas voir encore débarquer sur nos écrans numériques des adaptations de séries à succès tels True Blood ou encore Vampire diaries ; cela ne serait tarder !!! Toujours est-il que le renouveau de ce genre littéraire et filmique m’amène à vous parler d’un ancêtre ressorti du grenier et tout de pixelplus petite particule composant une image numérique, de forme rectangulaire et de couleur vêtu : Fright Night le jeu.

Les dents du bonheur

Fright Night est un jeu d’arcade-aventure édité par feu « Microdeal » sorti sur Commodore Amiga en 1988 et tiré du film éponyme, Vampire vous avez dit vampire ? en version française. Le film déboule dans les salles obscures au milieu des années 80 et s’inscrit dans la continuité des récits vampiriques classiques de la Hammer tout en les remettant au goût du jour.

Désormais devenu un incontournable du genre, le film reçoit à sa sortie un bon accueil aussi bien dans sa mère patrie (Etats-Unis) qu’en France.  Et il faut bien admettre que remis dans le contexte de son époque (en 1985 tout de même), le  métrage ne s’en sortait pas si mal. Doté d’une belle photographie (lugubre et bleutée), d’une pléiade d’effets spéciaux  (largement dépassés il est vrai !!! ) et d’un second degré relativement agréable et très en vogue dans les « horror B movies » type Génération perdue, Fright night s’imposa vite dans le cœur des ados en mal de sensations fortes. Aujourd’hui, il dégage un charme suranné mais pas plus et on s’étonnera presque d’apprendre qu’il connu une suite en 1988 (de moins bonne facture cependant). Dernier élément cinématographique notable et non des moindres : Fright night aura un remake prévu en salle pour septembre 2011, produit par Dreamworks, réalisé par Craig Gillespie et avec pour casting Colin Farrell, Toni Collette et Anton Yelchin. Les fans de la première heure qui attendaient fébrilement un troisième opus comportant la distribution d’origine en seront pour leur frais!!!

Bande annonce US du film original

Bon sang ne saurait mentir

Accueilli par une page écran du plus bel effet (digitalisation en couleur et en HDHaute définition, format d'une image ayant un nombre important de pixels, donc une meilleure résolution et une meilleure qualité que les images de télévisions cathodiques), une voix d’outre-tombe sort de l’ordinateur. Cette dernière nous rappelle le titre avec le ton de circonstance qui fait très très peur lorsque l’on est âgé de moins de 10 ans et encore… Enfin, elle à le mérite de nous plonger rapidement dans l’ambiance glauque et mortuaire du monde vampirique. Un temps de chargement plus tard et  vous apparaissez enfin, plus patibulaire que jamais : regard torve  et dentition du bonheur en sus !!!

Le film mettait un scène les mésaventures banlieusardes d’un jeune étudiant aux prises avec son nouveau voisin qui n’est autre qu’un vampire,  à savoir le dangereux et séduisant Jerry Dandridge. Et bien dans le jeu c’est à vous que revient l’insigne ‘honneur d’incarner l’infâme aux dents longues…

La trame du jeu s’arrête à cela et les décors représentant les différentes pièces de votre manoir confiné s’avèrent assez répétitifs dans l’ensemble tout comme l’action  proposée. Et pourtant, ce jeu de rôle aventure-arcade reste malgré tout plaisant, essentiellement en raison de ce  personnage  d’anti -héros. Ainsi, en bon vampire qui se respecte, vous déambulez la nuit tombée à la recherche de victimes que vous devez alléger de leur globules rouges. Gare alors  aux crucifix lancés par vos proies. L’esquive est votre seule option possible si vous espérez pouvoir planter vos crocs dans leur chair pour vous sustenter. Après avoir en parti étanché votre soif  en ayant permis à votre  spriteélément graphique d'un jeu en 2D, qui peut être animé et est différent du décor de laisser libre cour à toutes ses pulsions meurtrières, vous pourrez accéder aisément au niveau deux. Là, c’est déjà une autre histoire. En effet, ce nouveau chapitre vous éprouvera fortement en vous confrontant à  toute  une série de créatures belliqueuses qu’il faudra mieux éviter de fréquenter ou de sucer si vous souhaitez rester en bonne santé pour un quasi-immortel. Attention également lorsque votre énergie vitale vient à baisser. Il vous est alors possible de la régénérer en faisant une sieste dans le cercueil jusqu’à la fin de la nuit,  sous peine d’avoir droit à un bronzage mortel.

Sang pour sang  technique

Que dire de cette petite production qui ne connût qu’un succès d’estime dans le cœur de tous les amoureux de la gamme Amiga (l’ordinateur de ma jeunesse) dont je fais d’ailleurs toujours parti. Objectivement, celui-ci n’impressionne pas vraiment ;  il n’y a pas de fautes de goût pour autant  mais pas d’exploits techniques non plus à signaler comme sur tant d’autres titres Amiga. Parmi les bons points à distribuer, on  s’accordera sur : une qualité graphique convenable avec un espace de jeu important (mode overscan)  et l’utilisation d’une  palette de couleurs assez variée. Cet emploi judicieux concourent beaucoup à l’atmosphère pesante du jeu. Et puis il y a le vampire lui-même, représenté par un spriteélément graphique d'un jeu en 2D, qui peut être animé et est différent du décor de grande taille  mais animé avec mollesse.

La musique (qui diffère beaucoup de la bande son du film) quant à elle, est envoutante et de fort belle facture, ce qui s’explique très vite lorsque l’on découvre  le nom du compositeur qui n’est autre que l’immense David Whittaker, compositeur  anglais de jeu vidéo multi-récompensé et véritable star du domaine à cette époque. Elle participe d’ailleurs pour beaucoup à votre immersion dans le jeu et y ajoute un autre aspect macabre.

Flash required

Un jeu tout sang (à prononcer avec l’accent de Sophie Favier!!!)

D’une difficulté relativement mal dosée, Fright night reste cependant un jeu fort sympathique, sans  prétention mais à l’atmosphère bien flippante , très typé 80 et retranscrivant fidèlement les éléments du film dont il est issu. Un bon amusement pour apprenti buveur de sang en mode pixelplus petite particule composant une image numérique, de forme rectangulaire et de couleur. A sortir de la naphtaline  ou du cercueil, c’est selon…

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