Final Fantasy VI

le meilleur opus ?

En 1994, des millions de fan japonais ont la chance de voir sortir un nouvel épisode de leur saga fétiche Final Fantasy de Square sur leur non-moins fétiche console Super Nintendo. Final Fantasy VI connaîtra la même année une sortie américaine, mais il faudra attendre 1999 pour avoir une réédition en Europe sur Playstation et 2006 sur Gameboy Advance. Il y a deux catégories de fan de Final Fantasy, celui qui a joué au n°6 à sa sortie et celui qui a découvert la série avec le n°7, chacun ayant trouvé son Saint-Graal…

Dans la catégorie RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle japonais, la saga Final Fantasy, créée par Square, est très efficace (euphémisme au vu des recettes…). En 1994, sur son territoire, elle n’est devancée que par la saga Dragon quest, autre grand nom édité par Enix, société qui sera rachetée par Square en 2003 ! Final Fantasy VI saura renverser de son trône la série concurrente et asseoir sa pérennité sur le jeu vidéo de rôle, annonçant en fanfare les futurs bombes que seront Final Fantasy VII et Final Fantasy VIII. Sacré challenge ! Et pourtant…

Il y a 1000 ans, le monde connût une guerre dont l’issue fût la disparition de la magie. Aujourd’hui, la science prédomine, la magie est oubliée de tous. Gestahl, avide de pouvoir, souhaite élargir son empire au monde entier. Il utilise des machines qui intègrent la magie dans leurs rouages, d’après une technologie appelée Magitek. Kefka, un de ses généraux et bras droit, utilise une jeune femme qui connaît la magie, Terra, rendue docile et amnésique afin de faire revivre la magie pour l’asservir. Sa rencontre avec un Esper congelé, être magique et disparu, va la libérer de son asservissement et sonne le point de départ de l’aventure. Elle rencontre Locke, un « chasseur de trésors » (comprenez voleur !) et part avec lui rencontrer le roi de Figaro, Edgar, qui organise une résistance contre l’empire. Ce n’est bien évidemment que le début qui est esquissé ici, le jeu mettant en scène plus d’une dizaine de personnages jouables.

Si on s’attarde sur Terra, on se rend compte très vite qu’elle n’est pas le personnage principal. Elle partage le premier rôle avec treize compagnons, il n’y a pas de héros principal au sens propre comme dans d’autres Final Fantasy. Malgré tout, chacun a son histoire détaillée, une profondeur et un caractère qui leur est propre. Une brève présentation arrête le récit à chacune des rencontres avec un héros, alors que le système permet de le renommer. Un métier ou une activité définit les personnages (voleur, chevalier, roi, artiste martial, ninja, joueur de blackjack, enfant sauvage, yéti !) et des compétences spécifiques sont disponibles, certaines plus puissants que d’autres (le vol, des techniques d’escrime, des dessins prenant vie,…). Des armes, armures et accessoires permettent d’augmenter les caractéristiques et de donner de nouvelles capacités. De plus, on peut équiper les personnages de magicites qui donnent accès à la magie et aux invocationspouvoirs permettant de faire apparaître des créatures mythiques ou des divinités pendant un combat, celles-ci aidant le joueur grâce à des capacités spéciales. Caractéristique de la série Final Fantasy entre autres si chères à la série. Ces dernières sont nombreuses et prennent une grande partie de l’écran sur le champ de bataille.

Le scénario est élaboré, inventif, particulièrement soigné et plein de rebondissements. Le sens du mot drame prend tout sons sens, il est question d’ailleurs d’acteur et d’opéra… Le jeu se partage entre scènes de combat, exploration du monde, résolution d’énigmes et amélioration des personnages (grâce aux points d'expériencesystème utilisé au jeu de rôle permettant de faire évoluer les personnages et leurs compétences grâce à l'expérience. Les points sont reçus généralement à la fin d'un combat ou d'une action déterminante). Les combats utilisent l’Active Time Battle, c’est un système qui répartit le temps durant le combat entre les personnages contrôlés par le joueur (quatre au maximum dans ce jeu) permettant de gérer leurs actions grâce à des jauges. Les limit breakappelées aussi limits, capacités limités dans le temps qui apparaissent pendant un combat lorsqu'un personnage a reçu trop de dommages et qui représentent un débordement de force dû à la colère. apparaissent ici pour la première fois, elles sont accessibles quand le personnage est près de la mort. Un système de sauvegardepermet au joueur de reprendre une partie à un point d'enregistrement sans avoir à recommencer tout le jeu. C'est un procédé souvent absent sur les consoles antérieures à la génération 16 bit permet de ne pas perdre le long des soixante-dix heures de jeu (si on accomplit toutes les quêtes secondaires !), présent sur la carte du monde et dans les donjons sous forme d’étoile.

On quitte le style médiéval fantastique des précédents opus pour un monde résolument steampunksous-genre littéraire de la science-fiction, dont l'action se déroule dans l'atmosphère de la société industrielle du XIXème siècle mais qui y introduit des anachronismes tels que ordinateurs, robots, voyages temporels... : la technologie, la vapeur, les mines de charbon (c’est le lieu clé du début du jeu) et même une esthétique certaine de l’ère victorienne sont autant de caractéristiques utilisées. Les magnifiques dessins préparatoires de Yoshitaka Amano , d’une grande finesse, témoignent de cette  volonté.

Le gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... est l’un des plus riches et variés sur cette console. A noter la présence d’un didacticielprogramme informatique destiné à l'apprentissage d'un logiciel. Appelé aussi tutoriel sous la forme d’une salle de classe (retour en enfance) et la présence des fameux mogs (petites peluches mignonnes et ailées récurrentes dans la série et ayant plus ou moins d’importance dans le déroulement du jeu-ici c’est un personnage jouable) qui expliquent certains mécanismes de jeu. Les graphismes des décors sont exceptionnels dans la conception et dans le souci du détail (grottes de Narsh, château de Figaro,…). Le fameux Mode 7 de la Super Nintendo est bien utilisé, rappelons qu’il permet de faire des effets de distorsion, de rotation et de zoom dans l’arrière plan, une de ses applications permet de simuler la 3D en donnant un effet de profondeur. Ici, il fait défiler le sol en un scrollingdéfilement horizontal ou vertical de l'écran dans un jeu vidéo pour simuler le mouvement du joueur différentiel lors de la très belle introduction ou quand on chevauche un chocobo.

Flash required

Nobuo Uematsu est le compositeur émérite et attitré de pratiquement toute la saga. Ses musiques exploitent au maximum le processeur de la Super Nintendo. Nous avons droit à la création d’un opéra pour cet opus, la voix étant simulée avec brio, tout comme dans le prologue. Dans l’opéra, nous avons l’ouverture de l’orchestre, la partie du récitatif (avec un ténor dramatique) et même un chant d’amour, air que le joueur devra chanter avec Céles. Le thème de Terra audible dès le générique est superbe, il accompagne le joueur pendant une bonne partie du voyage à travers le monde. C’est sans nul doute une des meilleurs compositions de Nobuo. Un petit rock (au nom qui rend hommage à Chuck Berry : Johnny C Bad) est utilisé en moment humoristique, ainsi qu’un ragtime. Le thème de Kefka prend appui sur son physique de bouffon du roi, tout en se mariant avec quelque chose de plus martial et dérangeant. Le thème Phantom forest joue son rôle à merveille, la peur guette le joueur pendant cette marche funèbre ! Le thème de Shadow a des accents de western, rappelant le caractère solitaire et vénal du personnage. Et pour la plus grande joie des fans sont présents le prélude et une version techno du thème des chocobos.

Techniquement, Final Fantasy VI a su tiré le meilleur de la Super Nintendo, exploitant pleinement ses ressources et ses possibilités graphiques. Son succès critique est énorme, certains le voient d’ailleurs comme le meilleur jeu de tous les temps… Je vous laisse le soin d’en juger !

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • PDF
  • RSS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.