Fable

Choisissez votre destin

Voici un jeu sorti en 2004 sur Xbox, nouvelle console depuis 2001-2002 venue de chez Microsoft, ayant la volonté d’envahir le marché tentateur qui lui était jusqu’alors inconnu des consoles de salon (consoles qui à l’époque se rapprochent dangereusement des attributs multimédia, communautaire et lié à internet des PC). Peter Molyneux est le créateur et concepteur du jeu, il est à l’origine de Populous, Theme Park, Black & white et a produit Syndicate. Le jeu est développé par Lionhead studios, société créée par lui-même. Annoncé avec tambours et trompettes, Fable est le genre de jeu qui promet beaucoup…

L’histoire commence à Oakvale, un village bordé par la forêt où habite le héros (alors jeune), attaqué par des bandits organisés. Votre sœur est enlevée par ces mêmes bandits et vous échappez de justesse aux agresseurs grâce à un magicien, Maze, qui vous emmène à la Guilde des héros. Celle-ci forme les meilleurs mercenaires et son maître pense que vous avez du potentiel. C’est à partir de là que vous êtes formé aux armes, en compétition avec Whisper, votre amie de chambrée, ce qui crée une véritable émulation entre vous. Vient alors le temps des quêtes, de prendre votre vengeance et de construire  votre renommée…

Le jeu comporte les éléments classiques du RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle : armes, armures, magie, combats entrainant des points d'expériencesystème utilisé au jeu de rôle permettant de faire évoluer les personnages et leurs compétences grâce à l'expérience. Les points sont reçus généralement à la fin d'un combat ou d'une action déterminante, quêtes, exploration du monde… C’est aussi un action-RPG aux aspects novateurs, une forme de RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle aux interactions du joueur plus dynamiques et qui incorpore des aspects du jeu d’action.

Il intègre deux idées fondamentales : une liberté de choix et d’interactivité, et un suivi du héros à travers le temps. Cette liberté conduit à modifier le comportement et les actions de chaque personnage y compris le héros suivant les actions entreprises. D’accord, la plupart des RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle travaillent sur cette notion de décision qui influe sur la suite des évènements (le principe même du jeu de rôle), mais elle est généralement limitée à l’équipement du héros et à quelques quêtes secondaires. Dans Fable, le libre arbitre (c’est drôle, c’est un mot employé en religion, et Peter Molyneux est un spécialiste du god gamejeu où l'on incarne un être tout puissant généralement absent de l'écran qui doit asseoir son autorité sur ses sujets ou contrer d'autres divinités, ce sont avant tout des jeux de gestion de civilisation…) implique une préférence manichéenne entre le bien et le mal qui se reflète sur le physique du personnage (un homme très bon aura une auréole et des petits papillons autour de lui, tandis qu’un homme extrêmement mauvais aura des yeux rouges et des cornes de démon). C’est l’alignement, présent dans tous les jeux de rôle version papier, mais rarement présent dans sa version numérique. On peut réellement opter pour servir le mal, décision très peu courante dans les jeux vidéo ! Un apprentissage sous forme de didacticielprogramme informatique destiné à l'apprentissage d'un logiciel. Appelé aussi tutoriel sommaire nous renseigne sur les enjeux de nos actions avant la venue des brigands (le père du héros lui donnera une pièce d’or par bonne action pour aller acheter un cadeau d’anniversaire à sa sœur).

On suit aussi le héros de son enfance à l’âge adulte en passant par l’adolescence. La notion de temps qui passe agit véritablement sur le personnage qui vieillit physiquement. C’est assez rare d’avoir un personnage virtuel assez humain pour assimiler le vieillissement constant. A ceci se rajoute le cycle naturel de jour et de nuit, parachevant le concept temporel.

Fable comporte aussi des aspects du gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... du jeu social ( par exemple les Sims), les échanges entre le héros et les PNJpersonnage non joueur, figurant géré par le programme. Traduction de NPC, non-player character sont importants pour sa renommée. Ainsi, on peut user de quantité d’expressions pour les rapports sociaux, outre le pet et le rôt, notre héros peut siffler une demoiselle, flirter, prendre des poses ou laisser échapper un rire effrayant (dans les plus drôles, la danse cosaque ou la danse disco…). Certaines donnent des situations cocasses (ah ! L’humour anglais !) On peut aussi changer de coiffure ou de barbe, ce qui rend plus ou moins attirant, agressif, distingué,… Le tatouage a la même fonction et peut être appliqué sur le torse, le visage, les bras ou le dos. Il existe aussi des vendeurs de titre qui vous donnent un nom de héros suivant votre renommée (au début, c’est Chasse-poulet…).

Flash required

C’est un monde riche et onirique que l’on explore pour remplir les nombreuses quêtes qui nous sont proposées. Les lieux sont soignés et nombreux, mais pas difficiles à rallier et ce même sans se servir des téléporteurs. Les personnages sont originaux et leur animation est travaillée. En ce qui concerne la jouabilité, le héros a de nombreuses actions et j’avoue m’y perdre quand je cherche une action que je n’ai pas l’habitude de pratiquer. Mais, les raccourcis des commandes sont visibles à l’écran et paramétrables. La durée de vie est assez courte pour un RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle et même avec les quêtes secondaires. On peut déplorer de longs temps de chargement, dus aussi aux sauvegardespermet au joueur de reprendre une partie à un point d'enregistrement sans avoir à recommencer tout le jeu. C'est un procédé souvent absent sur les consoles antérieures à la génération 16 bit automatiques.

Si le thème d’introduction est du célèbre Danny Elfman, compositeur attitré de Tim Burton possédant cette faculté de décrire le merveilleux en musique, la bande originale du jeu est quant à elle de Russel Shaw, compositeur attitré de Lionhead Studios et donc de Theme Park, Black & White, Fable II, Fable III, Syndicate. L’introduction est une montée vers des sommets épiques, où l’aventure résonne de ses violons chantants. Le thème d’Oakvale est mélancolique, on est dans un univers magique et on le comprend d’emblée ! Les références à Danny Elfman sont nombreuses et on finit par croire même qu’il est à l’origine de ce titre. A Bowerstone, le thème est repris, furtif, en pizzicati et appelle à la prudence. Dans les couloirs de la guilde, des chœurs grégoriens intègrent des silences longs et prononcés, faisant preuve d’un mysticisme et d’une ferveur quasi religieuse. Les champs d’été (Summer fields) sentent bon, on a envie d’y flâner, la musique agréable virevolte et s’étend sans qu’aucun thème musical ne se dessine sur les égrenages de la harpe ou dans le chant de la flûte, un véritable assoupissement agréable à l’oreille.

Deux suites à ce jeu verront le jour, toutes les deux attendues et appréciées !

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