Duck Tales

Quand un canard part à l’aventure…

Encore une fois, une licence Disney est adapté en jeu vidéo. Cette fois-ci, c’est une série de dessin animé, la Bande à Picsou, qui est à l’honneur. Capcom développe et met en scène le célèbre canard, oncle de Donald, dans des aventures palpitantes, à la recherche de trésors fabuleux (faut-il rappeler que Picsou est le canard le plus riche, le plus avare et le plus avide du monde ?) dans un bon jeu de plate-formesjeu où le héros évolue en sautant de plate-formes en plate-formes, en évitant les pièges et en combattant des ennemis

Picsou, ou Scrooge McDuck en version originale, est un personnage de comics (comics ne rime pas forcément avec super-héros à cape et slip apparent !). Il se manifeste pour la première fois en 1947 en tant que personnage secondaire d’une histoire de Donald. Il a vite ses propres aventures car la complexité du personnage, le fait qu’il soit un anti-héros, permet beaucoup de situations et des scénarios riches.

Ses aventures sur NES (et Game Boy) sortent en 1989. Bien que tous les personnages du dessin animé sont présents, il n’y a que Picsou de jouable, les autres sont des aides ponctuelles (indications, ouverture de passage, gâteaux qui remplissent la barre de viebarre représentant l'état de santé du personnage selon son remplissage généralement par de la couleur …).

Après un écran-titre assez pauvre, mais qui permet de choisir la difficulté du jeu, l’aventure commence dans une salle de contrôle à Donaldville où le joueur peut décider de la destination de Picsou sur un écran géant. Au choix : l’Amazonie, sa forêt et ses temples de civilisation disparue ; la Transylvanie, son château hanté et ses habitants de film d’horreur ; l’Himalaya, ses montagnes duveteuses et ses grottes escarpées ; une mine africaine, ses galeries labyrinthiques et ses abîmes sans fonds  ; la Lune, un vaisseau spatial et ses formes de vie extraterrestres. Ses destinations sont autant de trésors que notre ami canard brûle de posséder, et autant de bossennemi plus puissant que les autres, à battre à la fin d'un niveau ou d'un donjon à éliminer.

Flash required

Picsou peut sauter et utiliser sa canne comme un club de golf sur les pierres afin de les briser et sur des blocs afin de les bouger. Outre cette fonction offensive, il peut user de sa canne pour rebondir comme un bâton sauteur (pogo stick en anglais), lui permettant de sauter plus haut, de rebondir sur ses adversaires et de les tuer, et de sauter sur des surfaces dangereuses où il ne peut marcher. C’est un coup à prendre (il faut enchainer des boutons), mais ce n’est pas bien difficile de le faire évoluer comme ça, et ça devient vite une seconde nature pour Picsou qui rebondit sur tout ce qui bouge.

Le gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... ressemble à celui de Mega man (et pour cause, c’est la même équipe !), les niveaux fourmillent de bonus et de passage secrets, c’est un régal de chercher dans les moindres recoins le plus petit diamant. Le jeu demande quand même de l’habileté pour pouvoir jongler entre les ennemis qui sautent, les pics qui montent du sol et descendent du plafond, le sol qui glisse ou qui fait s’enfoncer le personnage. Chaque niveau est chronométré, mais le temps est amplement suffisant pour visiter le pays proposé.

Le jeu n’est pas bien difficile et il a une durée de vie de deux heures environ, même malgré l’absence de sauvegardepermet au joueur de reprendre une partie à un point d'enregistrement sans avoir à recommencer tout le jeu. C'est un procédé souvent absent sur les consoles antérieures à la génération 16 bit. L’écran-titre permet de renouveler l’aventure avec un autre niveau de difficulté, mais la durée de vie est le principal défaut d’un jeu bien conçu par ailleurs. L’hardcore gamergros consommateur de jeu vidéo qui finit à 100% le jeu, passe énormément de temps dessus et est expérimenté pourra quant à lui chercher à amasser plus de 10 millions de $ et les deux trésors supplémentaires cachés afin d’avoir une fin alternative.

Les graphismes sont excellents pour la NES, on ne regrette que des personnages légèrement trop petits (car ce n’est pas une console 16 bit, faut-il le répéter ?), mais on les reconnait bien malgré tout. Un défaut quand même, les spritesélément graphique d'un jeu en 2D, qui peut être animé et est différent du décor et les indications en haut de l’écran clignotent par moment, surtout quand on passe à un autre tableau, mais rien de bien méchant. Le décor est assez fourni et de bonne facture, toujours pour cette machine ! Les couleurs sont vives et nombreuses. Si on compare ce jeu avec une autre adaptation Disney par Capcom et sur la même console, j’ai nommé Chip’n Dale (Tic et Tac, les rangers du risque), on voit que DuckTales est de meilleure facture pour ce qui est des décors, des couleurs, des graphismes des personnages. Allez, même le jeu et le plaisir qui en découle sont meilleurs !

La musique est de Yoshihiro Sakaguchi, compositeur présent aussi sur les titres Mega man, Mega man 2 et Final Fight. Outre une reprise version 8bit musicstyle de musique électronique inspirée, et généralement réalisée, par les consoles de jeu des années 80 ayant une architecture 8bit. Cette musique reflète les sons d'une technologie souvent considérée comme primitive ou datée, comme la Game Boy ou des synthétiseurs fait maison du générique du dessin animé,  il a su créer une partition originale et entêtante et se servir au mieux du processeur sonore de la machine. La forêt amazonienne résonne d’un air gai et entraînant, qui ne lasse pas le joueur, malgré une phrase musicale assez courte. D’ailleurs, les compositions dans l’ensemble sont constituées chacune de deux thèmes musicaux repris inlassablement. La musique lors des affrontements contre les méchants pas beaux et vilains bossennemi plus puissant que les autres, à battre à la fin d'un niveau ou d'un donjon est rythmée, les répétitions de notes sont comme un avertissement pour l’auditeur tandis que leurs montées et descentes rapides sont fréquentes et déstabilisent. Les mines africaines sont animées de musique légèrement funky, ce qui est dû à un son rappelant le saxophone et une rythmique typique. La Transylvanie quant à elle est animée par une musique bien plus obscure, mais toujours avec rythme. L’Himalaya est chantant, c’est presque une balade de santé ! On arrive au thème de la Lune qui est le plus connu du jeu et le plus apprécié du milieu chiptune musicmusique synthétisée en temps réel par la puce d'un ordinateur ou d'une console de jeu, par opposition à la musique enregistrée et retransmise. Cette musique est utilisée aujourd'hui par de nombreux DJs. Une petite introduction calme fait une montée dans les aigus pour simuler la prise d’altitude. Un effet de distorsion est appliqué à la voix qui a le thème, qui est accompagnée sur un tempo très rock  et enlevé. Un thème virtuose et modèle du genre, une prouesse musicale pour cette machine !

DuckTales connaîtra une suite en 1993 sur la même console, mais la magie du premier n’y est pas, ou alors le public est passé aux consoles plus puissantes…

L’aventure a connu un remake plutôt bien réalisé (par Capcom) en 2013 sur les dernières consoles (Playstation 3, Xbox 360, Wii U) et ordinateur.

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