Duck hunt

l’âme du chasseur

Voici un article sur la volaille pour tous les ornithologues avertis. La préparation du canard laqué commence bien avant la cuisine, près des lacs, parmi les roseaux et les joncs. Il faut savoir bien s’équiper : bottes, chapeau, appeau, chemise à carreau (c’est indispensable). Il est aussi utile d’avoir un chien d’eau, qui lève le gibier et le rapporte. Et surtout, l’indispensable arme de tir. Je vous propose d’utiliser ce petit logiciel afin de parfaire votre technique d’approche : Duck hunt.

En 1985, Nintendo édite et développe un jeu de tir utilisant leur zapper (pistolet optique) pour la console 8 bitarchitecture d'un processeur des années 80, typique d'une époque et du retrogaming mythique de leur âge d’or, la NES. Duck hunt est basé sur un jeu électronique de simulation de tir créé chez Nintendo datant de 1973 appelé le « Laser clay shooting system ». Celui-ci comprenait un projecteur et un pistolet optique. Dans le cas présent, il n’y a aucun humain, juste des oiseaux et un chien. Il est basé sur un principe simple, la reproduction de la réalité.

Le scénario est invraisemblable et compliqué : alors que vous rencontrez une jeune et belle femme, celle-ci vous suit jusqu’à votre maison isolée sur une île. Votre idylle est perturbée par le comportement étrange des oiseaux côtiers, qui finissent par vous attaquer. Même les perruches que vous avez en cage s’excitent et sont violentes. Heureusement, votre chien, génétiquement modifié pour se foutre de vous, vous amène votre fusil à pompe… En tout cas, je me suis laissé dire que c’était ça l’histoire ! A moins que ce soit une bête chasse au canard, … mais non ce serait trop simple !

Comme une vraie chasse aux canards, le chien flaire et saute dans les hautes herbes pour débusquer les volatiles colorés dans un écran fixe. A vous de plomber ces colverts pour votre festin du soir. Vous avez trois balles pour chaque canard, trois chances avant qu’il ne s’enfuie. Le temps de présence des canards à l’écran est limité aussi. Selon le mode A ou B, les canards apparaissent un par un dans la zone de jeu (mode A) ou deux par deux (mode B). Le ciel change de couleur (une douce teinte orangée) quand l’oiseau s’apprête à prendre le large. Chaque niveau comporte dix canards à tirer. Bien entendu chaque tir réussi donne des points, le score est déterminé par l’emplacement du canard (les canards se cachent derrière les herbes, derrière les branches de l’arbre). La vitesse des canards augmentent avec les niveaux. La manette du deuxième joueur peut contrôler la direction que prend les canards.

Le troisième mode est le ball-trap ou tir aux pigeons d’argile, plus difficile que les deux autres, les pigeons d’argile partant de votre côté et s’éloignant rapidement. Évidemment, en s’éloignant la surface qu’ils occupent s’amenuise et le tir devient plus difficile. Ils sont envoyés deux par deux. Ce mode de jeu est moins amusant que les deux autres. Si le chien n’est pas présent pour le dernier jeu, c’est lui qui ouvre la chasse pour les deux premiers modes, flairant les canards et sautant dans les hautes herbes pour les débusquer. C’est lui aussi qui, selon votre réussite, vous rapportera votre prise ou vous rira au nez effrontément. C’est l’image qu’on retient le plus souvent de ce jeu, le chien qui montre sa tête hors de l’herbe, pouffant, la main sur le museau. Qui n’a pas tiré de frustration sur le chien moqueur, sans résultat ? Il y a toutefois une légende qui parle d’un stage bonus où l’on pourrait se venger sur le chien moqueur en lui tirant dessus, après tout c’est sûrement lui votre ennemi…

Ce jeu ne met pas en scène qu’une seule star. Outre le chien (agaçant), le canard colvert (inexpressif sauf dans la mort), Duck hunt utilise le zapper de Nintendo, seul pistolet aux couleurs orange et gris (sauf au Japon, où ce ne sont qu’un dégradé de gris). La vraie star, c’est lui ! Qui n’a pas regardé le canon du zapper orange pour voir un rayon lumineux en sortir ? Mais vous voilà déçu, rien ne sort, et en voilà l’explication : ce n’est pas le zapper qui tire, c’est plutôt la télévision (à tube cathodique) qui émet… Le pistolet optique est équipé d’un capteur de lumière. Au moment où l’on presse la gâchette, la télévision devient noire un court instant excepté pour les pigeons qui sont remplacés par un rectangle blanc, détecté par le pistolet comme cibles. Malheureusement, ce jeu qui est intégralement joué au pistolet est en disparition ludique due à l’avancée de la technologie. En effet, celle-ci évolue et les télévisions cathodiques, seules à même d’assurer le bon fonctionnement du pisto-zapper orange, disparaissent au profit des moniteurs LCD ou plasma.

Le jeu était couplé sur la même cartouche avec Super Mario Bros, vendu avec la console, deux manettes et le zapper. Un pack fort attrayant, et qui permettait de vendre un jeu avec l’icône Nintendo. Mais, il faut avouer que Duck hunt n’est pas Mario, et on s’amuse, mais pas longtemps car il est trop répétitif. Pour ce qui est de la durée de vie, ce jeu n’a pas de fin (tout comme -théoriquement- Pac-man en son temps).

Les graphismes sont basiques et accessibles à tous. Les deux seuls êtres vivants (canard et chien) ont une allure cartoonesque, le chien est même humanisé. Les couleurs sont pétantes. Le zapper est simple et efficace, les tirs peuvent être précis (Ah ! Frustration lors des tirs non détectés -assez rares tout de même- par le zapper).

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CADEAU POUR LES GAMERS NOSTALGIQUES : un lien vers un magnifique FOND D’ECRAN rétro.

La bande sonore est constituée de courts jingles et de bruitages, laissant le chasseur se concentrer … Elle est composée par une figure tutélaire de chez Nintendo, une pointure de l’OST (original soundtrack), Hirokazu Tanaka. L’entrée du chien est soulignée par une musique de mise en scène amusante (l’effet comique est créé par les dernières notes de chaque phrase répétées très rapidement, le doublon fait grotesque et inutile). La grande réussite est le rire moqueur du chien, inoubliable ! La musique du titre comporte elle aussi des éléments drôles et légers. La composition de courts extraits est un exercice plus difficile qu’il n’y paraît, exercice rempli avec efficacité ici.

Ce softwaredésigne le logiciel, la partie programme informatique, les données intangibles par essence. S'oppose à hardware qui définit toute la partie physique du matériel informatique fait office de grand-père maintenant, car les jeux de tir sont toujours présents, en salon comme en arcade, avec des productions beaucoup plus abouties qu’alors (Virtua cop, Goldeneye, la série des House of the Dead, Ghost squad, …). Pour les fans, rejouez donc à Duck hunt, le fun est toujours là (juste avant la monotonie).

Si Duck hunt est le jeu le plus connu utilisant le zapper, il y eut d’autres jeux sur NES, tels que Wild Gunman ou Gumshoe, voire Operation wolf ou the Lone ranger où le pistolet est optionnel. D’autres consoles ont adaptés le même système initié par l’Odyssey de Magnavox avec sa carabine : la Master System, la Super Nintendo, le ZX Spectrum, la 3DO, …

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