Doom

bienvenue en enfer

En 1993 sort Doom ou DOOM, qui souligne son caractère funeste… Jusqu’ici, vous vous amusiez bien avec vos hérissons colorés et vos plombiers joufflus. Les jeux mignons tout plein envahissaient votre ludothèque personnelle. Et bien, fini le temps de la naïveté et de l’innocence ! Il va falloir casser du monstre ou sinon c’est lui qui vous aura ! Ne croyez pas que parce que Doom est un jeu vidéo, il n’aura pas d’emprise sur vous. Doom est immersif et dément, il est chaotique et sanglant…

Doom est un FPSjeu de tir à la première personne, où l'on voit par les yeux du personnage. S’il n’est pas le premier, il est celui qui en a lancé la mode, a influencé tous les autres et marqué au fer rouge le genre. Il est aussi le titre par lequel le scandale arrive… C’est un titre adulte, entendez par là que l’hémoglobine coule à foison et la violence imprègne chacun de vos pas.

L’histoire est simple, le joueur incarne un space marine (un soldat qui opère dans l’espace) qui attend sa troupe partie explorer une base sur une lune de Mars. Il finit par partir chercher ses camarades dans un dédale de couloirs. Dès lors, c’est la descente aux enfers, car une armada de monstres infernaux cherchera à vous tuer. Le scénario rudimentaire permet de mettre en place une ambiance glauque à souhait, digne des meilleurs films de science-fiction/horreur (Alien pour n’en citer qu’un) et des livres de dark fantasy (Lovecraft). A chacun de vos pas résonnent des bruits angoissants, des plaintes, des cris, des portes qui grincent. Le suspense est à son comble, on s’étonne à sursauter à l’apparition d’un monstre ! Le jeu est découpé en trois épisodes qui vous emmèneront jusqu’en enfer !

La totalité de l’écran représente la vue subjective du héros, on voit à travers ses yeux, on bouge avec lui. On ne voit que son arme comme élément fixe qu’il tient devant lui, quand il en a une. Cette vue permet plus de précisions lors des tirs répétés (c’est un peu le but du jeu !).

Une barre en dessous de l’écran comporte des informations : le nombre de cartouches restantes pour l’arme utilisée, le pourcentage de vie qu’il vous reste (ça remplace la traditionnelle barre de viebarre représentant l'état de santé du personnage selon son remplissage généralement par de la couleur), le numéro de l’arme utilisée (au choix et selon que le joueur l’ait découverte, un pistolet, un fusil, un lance-roquette, une tronçonneuse, un fusil à plasma et le BFG9000-une arme hautement destructrice), le pourcentage d’armure (plus le chiffre est élevé, moins on se prend de dégâts lorsque les ennemis arrivent à vous toucher) et enfin le détail des munitions. La tête du joueur est représentée au centre de la barre. Suivant le pourcentage de vie qu’il lui reste, elle est plus ou moins abimée, cela permet d’un bref coup d’œil de se rendre compte de notre état.

Les monstres sont nombreux et de plusieurs sortes. Leur animosité varie selon le degré de difficulté que vous avez choisi, si vous leur tirez dessus et selon votre comportement. De toute façon, ils sont là pour vous bouffer… Des munitions pour vos armes sont disséminées dans les niveaux, ainsi que des fioles et packs de médecine qui restaurent votre santé, et des armures qui augmentent votre pourcentage d’armure. D’autres bonus plus puissants sont à découvrir dans de nombreux passages secrets qui jonchent les niveaux.

La musique angoissante est l’œuvre de Robert Prince, futur expert dans l’ambiance musicale de ce genre particulier. Elle est résolument rock, voire même heavy metalforme de musique hard rock, utilisant traditionnellement des guitares électriques au son plus ou moins saturé. Elle souligne le caractère brutal de l’action, la frénésie des combats et le suspense.

Doom doit sa renommée à son nouveau moteur de jeu, la doom engine, qui permet de simuler la 3D. D’autres FPSjeu de tir à la première personne, où l'on voit par les yeux du personnage avant lui pouvait simuler la 3D, mais cette fois-ci on peut changer la luminosité par zones, la texture peut être appliquée à tous les objets, il peut y avoir des différences de niveau et de hauteur, les murs ne sont plus rectilignes et l’arme du joueur se balance suivant ses pas. Autant de différences avec son prédécesseur, Wolfenstein 3D.

Une autre capacité qui le placera au-dessus du lot est son approche multi-joueurs. En effet pour la première fois, un jeu de tir à la première personne permettait de jouer à plusieurs, soit en coopération, soit en match mortel (un peu  un Counter strike avant l’heure) grâce à la magie d’internet ou en Lan partycontraction pour Local Area Network party, regroupement de personnes dans un même lieu pour jouer en réseau. La plupart des Lan party sont organisées pour jouer à des FPS (Counter Strike, par exemple) avec des ordinateurs. C’est d’ailleurs cette capacité qui l’a fait intégrer le programme d’entrainement militaire !

Flash required

Doom est un phénomène sans précédent et son influence sur le monde du jeu vidéo est énorme. Distribué en tant que sharewarelogiciel distribué gratuitement, généralement pour une période limitée, et dont le ou les auteurs acceptent les contributions financières téléchargeable sur internet, le jeu permettait de commencer l’aventure sur un épisode. Si le joueur voulait continuer, il pouvait acquérir la jeu en entier pour une somme modique. Le fait qu’il soit vendu sur internet diminuait son coût de production et d’exploitation, ce qui augmentait les revenus bruts du jeu par rapport aux autres jeux de la même époque. La petite société qui le développe, Id Software, augmenta énormément son chiffre d’affaire et fit de Doom un nouveau modèle de vente très lucratif.

On estime que pendant les trois premières années, Doom a eu 30 millions d’amis… euh de joueurs. Un logiciel a été créé pour pouvoir éradiquer Doom des ordinateurs au travail (on lui attribue une baisse significative de la productivité en 1994) ! Sa popularité a engendré de nombreux clones, tellement que l’on parle de « doom like » pour désigner les jeux de tir à la première personne qui datent des années 90.

Doom n’échappe pas à ses détracteurs. Et pour cause, c’est un jeu violent et sanglant. Beaucoup y ont vu une cause à la violence urbaine et adolescente. On l’a aussi accusé de véhiculer des images satanistes (c’est en effet des démons que l’on est sensé combattre, mais pas représenter !). Certains l’ont même pris pour responsable du massacre du lycée Columbine en 1999 !

Ce jeu accoucha d’un grand nombre de suites. Doom a été porté à l’écran en 2005 (film d’ailleurs plutôt médiocre) de même que nombre de  titres ayant  connu un grand succès auprès du public.

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • PDF
  • RSS

Une réflexion sur « Doom »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.