Desert Strike

le sauveteur de l’opération Tempête du désert

Quand le jeu vidéo prend appui sur le réel… En 1990, commença un conflit opposant l’Irak, mené par Saddam Hussein, à de nombreux états alliés ayant à leur tête les États-Unis. La Guerre du Golfe, ainsi nommée par sa localisation dans le Golfe persique, est une résultante de l’invasion du Koweït par l’Irak. Elle s’étala sur 1990 et 1991, et ses conséquences furent nombreuses et mondiales. C’était un nouveau genre de guerre, soutenu par une médiatisation qui amenait des images lourdes de sens directement dans tous les foyers. Desert Strike a un scénario qui prend appui sur cette guerre.

Édité en 1992 par Electronic Arts sur Megadrive, puis sur sa concurrente la Super Nintendo, les deux consoles 16 bit qui remportaient toutes les parts du marché, Desert strike a comme sous-titre Return to the Gulf, ce qui permet de bien le situer par rapport à quelle guerre, et chronologiquement (même si ce ne sont que des allusions et que les noms ont été changés). C’est un jeu vidéo entre shoot'em upappelé aussi shoot them up, jeu de tir où le joueur dirige un véhicule ou un personnage qui doit détruire un grand nombre d'ennemis à l'aide d'armes de plus en plus puissantes et jeu d’action, voire jeu de stratégie et jeu de gestion.

Alors que le Général Kilbaba a envahi un pays du Golfe persique, vous êtes dépêché sur place afin d’enrayer les plans de conquête de ce tyran fou (son surnom est madman), qui pourrait conduire à une guerre mondiale voire pire selon votre chef de mission (euh… pire qu’une guerre mondiale, d’après une courte cinématiquephase non jouable qui met en place les éléments du scénario. Elles sont souvent produites en image de synthèse mettant en scène le Général et son aide de camp, ce n’est rien de moins que la destruction de la planète. Ah, ces américains, ils ont le sens de la réalité). Ce sont quatre campagnes, et un nombre conséquent de missions qui vous attendent à bord de votre hélicoptère Apache AH-64 (massivement utilisé lors de la guerre en question). La plupart de ces missions impliquent la destruction de bâtiments, la défense de certains autres ou l’emprisonnement d’ennemis.

Pour vous défendre (et la meilleure défense, c’est l’attaque), vous disposez de trois armes différentes, aux dégâts croissants et au nombre de munition limité. Au menu, canon M230 de 30 mm, lance-roquette de type Hydra 70, et lance-missile de type AGM-114 Hellfire. Le plus puissant (lance-missile) est bien évidemment celui qui a le moins de munition. C’est la gestion de ces munitions et de votre réservoir, limité également en carburant, qui change la donne pour un jeu de tir. Il vous faut donc chercher pour votre ravitaillement, et surtout n’hésitez pas à creuser… à coup de roquettes (ben oui, mais elles sont en nombre limité … Ne m’écoutez pas, je suis trop nul en jeu de gestion !).

L’ordre d’exécution des missions est très important à respecter car les premières débloquent les suivantes. Le menu pause vous rappelle la mission en cours et l’emplacement de votre objectif s’il est connu. Ne négligez rien, un simple soldat peut vous abattre avec un lance-roquette, vos alliés vous redonnent de l’armure si vous les récupérez. Le système de classe d’armure des RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle est ici repris : chaque élément a une classe d’armure qui détermine combien de dégâts il peut recevoir avant d’être détruit (même vous). Chaque élément offensif fait plus ou moins de dégâts, et le jeu se joue souvent à l’intersection de ces deux nombres (classe d’armure et dégâts).

Flash required

A part son allusion claire au contexte politique de l’époque, l’originalité de ce vrai-faux shoot'em upappelé aussi shoot them up, jeu de tir où le joueur dirige un véhicule ou un personnage qui doit détruire un grand nombre d'ennemis à l'aide d'armes de plus en plus puissantes réside dans sa représentation en 3D isométriquereprésentation en perspective où la longueur, la hauteur et la profondeur ont la même importance, on parle aussi de vue de 3/4. Ici, point d’extraterrestres qui descendent du haut de l’écran pour les dégommer à coup de lasers en vue du dessus (encore moins des calamars qui descendent par paliers en marchant en crabe …), pas de vaisseaux ennemis venant de la droite selon une vue sur le côté et un scrolling horizontal. Vous êtes entièrement libre d’aller où vous voulez car vous êtes aux commandes de votre engin (bon il y a bien des restrictions liées à l’aire de jeu, bien entendu !). On ne peut influer sur l’élévation de l’appareil, mais on croit vraiment survoler le désert. Vous ne contrôler pas non plus le treuil qui prend les munitions et carburant, l’échelle qui récupère les alliés (comme dans Choplifter) et votre atterrissage pour déposer les passagers.

Les cinématiquesphases non jouables qui mettent en place les éléments du scénario. Elles sont souvent produites en image de synthèse d’introduction font appel à des images fixes digitalisées, et des couleurs très rétros. L’animation de l’hélico est très réaliste, le réel problème réside dans son maniement, qui peut être difficile à intégrer, du à la représentation de 3/4 du jeu. Les décors sont très pauvres (en même temps, dans le désert, y’a que du sable !), mais cela créé une certaine ambiance de vide soutenue par l’absence de musique. Les graphismes sont plutôt détaillés quand vous rencontrez un appareil ennemi.Leur représentation est intéressante : les engins ressemblent à des maquettes, les soldats à des soldats de plomb.

Si les missions se déroulent sans musique, elle n’est pas totalement absente du softwaredésigne le logiciel, la partie programme informatique, les données intangibles par essence. S'oppose à hardware qui définit toute la partie physique du matériel informatique . Depuis l’écran-titre et entre chaque mission résonnent les notes aigres dû au chipsetensemble de puces, circuit électronique permettant au processeur de travailler avec les autres composants tels que la carte mère, la carte graphique,... audio particulier de la Megadrive, qui donne un son très rugueux, métallique et saturé. Aux commandes de ces interludes, Rob Hubbard (Commando, Road Rash, Populous) et Brian Schmidt (compositeur de jeu vidéo et de flipper, actuellement à la tête de la division acoustique pour la XBOX chez Microsoft). Si les musiques ne sont pas exceptionnelles, on peut remarquer les rythmes soutenus, l’effet de saturation qui rappelle les guitares électriques, et l’ambiance rock générale. Mais, on préférera quand même l’ambiance sonore des missions… D’ailleurs, pendant celle-ci, on prend conscience de chaque son, de chaque tir.

Desert strike est un jeu difficile, mais on y revient quand même tant il est original et réussi (malgré quelques petites imperfections). Les suites ont été nombreuses entrainant le fameux hélicoptère vers d’autres contrées : Pacific Strike, Jungle Strike, Urban strike, Soviet Strike, Nuclear Strike. Des noms qui ne laissent que peu de place à l’imagination !

Un petit lien vers un jeu flash s’en inspirant :   Jeu Desert Strike

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