Breakout

au pied du mur

Faisons maintenant la visite d’un monument de la culture vidéo-ludique : Breakout. Cet édifice du jeu vidéo a été érigé brique après brique par une seule personne, Steve Wozniak, le futur concepteur de l’Apple I notamment…

Il a été édité sur arcade en 1976 par Atari, la boîte de jeu vidéo qui vaut des millions de dollars à l’époque. Suite au succès (planétaire) de Breakout, il sera vite adapté sur les consoles de la firme, et bien au-delà de ses seules machines, confirmant sa grande originalité auprès du public, toujours présent aujourd’hui.

Si le but du jeu (et c’est une première !) est la démolition, c’est historiquement le premier jeu de casse-briquesterme générique pour les jeux où le but est de casser un mur de briques en renvoyant une balle au moyen d'un palet ou une raquette. Les représentants les plus connus sont Breakout, Arkanoid, DX ball, Nervous brickdown,..., un concept repris et amélioré pratiquement à l’infini par la suite. On doit l’idée de base à Nolan Bushnell lui-même, le papa d’Atari et de Pong, une figure tutélaire du milieu en quelque sorte.

Le bruit court qu’au beau milieu d’une partie acharnée de Pong sur son téléviseur, Nolan, pris par l’excitation du moment, renversa le moniteur, mais il continua à jouer, avec un écran de côté et la raquette en bas. C’est ainsi que l’illumination survint en voyant la balle partir du bas de l’écran. Bon, … d’accord c’est de l’intox, mais ça fait une belle histoire, non ? Toujours est-il que Breakout est vraiment inspiré de son grand frère tennisman…

Le problème est qu’il faut rentabiliser les bornes et leurs circuits au coût élevé (Nolan est un grand businessman). La société en appelle à ses employés en promettant une prime de 700 $ à celui qui réduira le plus les circuits. A cette prime se rajoute un bonus pour chaque circuit économisé par rapport à une base. Un jeune homme promet d’arriver à un résultat satisfaisant en 4 jours ! Ce jeune employé très motivé par l’appât du gain a pour nom Steve Jobs. Oui, le même qui deviendra grand patron d’Apple et aussi celui qui connaît la personne adéquate pour un travail aussi complexe : Steve Wozniak. Il embauche son ami, lui promettant de partager ladite prime. Wozniak parvient, sans dormir pendant 4 jours (car la journée il travaille chez Hewlett-Packard), à un résultat stupéfiant. Les deux amis remportent les 700 $, mais Steve Jobs seul remportera le bonus (qui se monte à la bagatelle de 5000 $), ayant surement oublié d’en mentionner l’existence à son futur ex-copain (oui, l’amitié a semble-t-il ses limites devant un petit pactole)…

Présentons quand même le jeu, même si ce n’est surement pas votre première visite (restez d’ailleurs près du guide, on peut recevoir quelque chose sur la tête si on s’écarte…). Sous une naïveté et un minimalisme très pixel artterme désignant les compositions créées numériquement pixel par pixel en utilisant un nombre limité de couleurs. Une des formes du pixel art se traduit par l'utilisation de la 3D isométrique, nous pouvons reconnaître à la base de l’œuvre une raquette (un trampoline, une main, un palet … enfin l’interprétation est reine pour donner vie à ce simple trait), au sommet un mur de brique (là, par contre, il est difficile de voir autre chose) et dans l’espace entre les deux une balle qui voyage et rebondit entre eux. L’arrière-plan est uniformément noir. Le but du jeu est sans équivoque, il s’agit d’envoyer la balle détruire les briques et de ne jamais la faire tomber car si les côtés et le haut de l’écran sont des murs où elle rebondit, le bas est une ouverture où la balle est perdue si elle n’est pas renvoyée par vos soins. Le joueur a droit a trois essais (trois vies). L’artiste a voulu mettre en lumière la destruction d’un bâtiment. Plusieurs interprétations demeurent. On pense à « The Wall » des Pink Floyd, mais il date de 1979. On pense à une vision de la chute du mur de Berlin, vision car celle-ci date de 1989. On pense à un adepte de Shiva (le dieu de la destruction du panthéon hindou). D’autres disent que le programmateur est un ancien taulard et qu’il s’est inspiré de ses rêves de liberté, d’ailleurs « breakout » signifie évasion…

La première version, sur arcade, est en noir et blanc. Le plexiglas de l’écran est coloré par bandes pour donner des briques vertes, rouges, oranges et jaunes. Chaque brique détruite donne des points et elles ne valent pas toutes le même nombre. A plusieurs moments durant la partie, la balle s’accélère. Le contrôle se fait grâce à une molette. Si la version arcade est courte et rudimentaire, le portage sur consoles établit d’autres règles.

Au même titre que Pong avec lequel il partage une représentation minimaliste, ou plus tard Space invaders, Breakout est une icône des prémices du jeu vidéo, un jeu populaire simple et reconnaissable entre tous. C’est aussi un jeu décliné, remanié, réinventé au fil des années et jamais démodé.

Breakout a eu de nombreuses suites directes (Breakout Deluxe, Super Breakout, Breakout 2000) et indirectes (Arkanoid, DX-Ball, Nervous Brickdown et bien d’autres encore).

un petit lien vers BREAKOUT !

Share and Enjoy:
  • Print
  • Digg
  • StumbleUpon
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Yahoo! Buzz
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • email
  • Live
  • Netvibes
  • PDF
  • RSS

Une réflexion sur « Breakout »

  1. Bonjour,

    Je me permet de faire ma pub pour ma vidéo sur l’histoire de Breakout et ses suites :

    https://www.youtube.com/watch?v=7lJsusaG-pI

    (vous pouvez aussi vous abonner à la chaine,
    je publie une vidéo « Game’s Gallery » sur l’histoire des jeux vidéo tous les mois !
    Par exemple Pac Man, Space Invaders, Astéroids, Galaga, Pitfall et Lode Runner sont des sujets déjà traités).

    Allez voir, c’est intéressant et ça ne coute rien !

    Merci ! Bonne journée à tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.