Berzerk

un labyrinthe bien mal fréquenté

Outre le nom d’origine nordique désignant un guerrier enragé et surpuissant, et le manga violent éponyme, Berzerk renvoie à un jeu vidéo de l’année charnière 1980 sorti sur borne d’arcade et les années suivantes sur les consoles phares de l’époque , l’Atari 2600, l’Atari 5200 et la Vectrex. Stern Electronics développe ce run and gungenre de shoot'em up où le joueur contrôle un personnage qui se déplace à pied labyrinthique. Le designer s’appelle Alan McNeil. Le jeu tire son nom de la série de science-fiction écrite par Fred Saberhagen, le grand méchant Otto quant à lui est inspiré d’un collègue de McNeil (peut-être un brin faux-cul et peu aimé comme collègue…).

C’est un jeu de tir multidirectionnel à la troisième personne vu du dessus. L’objectif est de traverser une infinité de salles en tirant sur des robots inamicaux, qui eux-mêmes vous tirent dessus. Si votre véritable but est de survivre, votre seule et unique récompense est de faire le meilleur score en détruisant vos ennemis, et avec de l’acharnement rentrer vos initiales dans le tableau des meilleurs scores… Vous commencez le jeu avec trois vies, ce qui ne va pas vous durer longtemps ! Heureusement, vous gagnez une vie supplémentaire chaque 5000 ou 10 000 points, selon la version du jeu.

Chaque salle est un labyrinthe aux murs électrifiés, chaque pièce est plus dure que la précédente et est générée au hasard (dommage pour ceux qui voulaient dresser un plan vers la sortie !). Techniquement, vous pouvez finir le jeu si vous passez 64 000 pièces. Mais, c’est sûrement au-dessus des capacités humaines… Il est possible de jouer à deux joueurs en alternance.

Les robots, facilement identifiables par rapport à votre avatar du fait de leur stature imposante (et non filiforme comme la vôtre), ont une intelligence artificielle vraiment rudimentaire : alors qu’ils vous pourchassent, ils ne font aucun cas des murs (qui les détruisent) ni de leurs congénères quand ils tirent (ils craignent bien évidemment les lasers). Le jeu serait tout simplement impossible à jouer s’ils étaient intelligents… Chaque robot tué donne des points. Vous ne pouvez pas tirer en mouvement et vous ne pouvez faire qu’un tir à la fois. Vous pouvez contrer les tirs ennemis avec vos propres lasers. Votre score affecte la progression de la difficulté du jeu, les robots changeant de couleur et de cadence de tir.

Les contrôles sont très simples : le joystickmanette de jeu vidéo composée d'un manche, présente sur toutes les bornes d'arcade, opposée au joypad ou croix directionnelle utilisé par les consoles de salon. Le joystick permet de contrôler les déplacements à l'écran pour le déplacement et un seul bouton de tir. Heureusement car le jeu devient vite difficile. Le nombre d’ennemis par salle est rapidement écrasant, et comme chaque salle est plus difficile que la précédente, la difficulté atteint des sommets. Donc, réagissez promptement à ce qui se passe à l’écran ! D’autant que vous pouvez mourir quand vous rentrez en contact avec un tir, un robot, Evil Otto ou un mur. Évitez donc tous les obstacles !

Justement, parlons du sinistre Evil Otto, maître des robots. Imaginez un smiley, un rond jaune souriant et sautillant. Il apparaît pour accélérer le jeu et ce seulement si vous restez trop longtemps dans une pièce. Quand il montre son visage souriant, il vaut mieux vous activer car il est virtuellement impossible à tuer. Il ne tire pas, mais le fait que vos tirs ne le dérangent pas et que son invulnérabilité s’applique aussi aux murs, qu’il traverse sans ralentir, le rend redoutable. Bien sûr, si vous quittez chaque pièce aussi vite que possible, vous ne le rencontrerez pas… Aucun vilain de jeu vidéo n’a eu autant d’effet sur le gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... que lui, car l’hésitation sous-entend son arrivée d’où découle une course effrénée pour la survie. Il y a un décalage entre l’aspect souriant de Evil Otto et le fait qu’il soit invulnérable et implacable. C’est le précurseur d’éléments de nombreux jeux où le chronomètre est essentiel (Bubble Bobble, Pang 3 …).

Flash required

Rappelons que c’est un jeu 8 bitarchitecture d'un processeur des années 80, typique d'une époque et du retrogaming et si l’aspect est suranné aujourd’hui, aux « premiers temps du jeu vidéo » la simplicité était de mise due notamment à la technologie. Ne vous laissez pas abuser par les jaquettes colorées, les dessins futuristes ne sont en rien tirés du jeu ! Les robots ont un aspect bien particulier, très reconnaissable, alors que le héros est schématisé en un bâton de couleur verte surmonté d’un rond (sûrement la tête, qui sait ?). Il n’a d’ailleurs pas de nom et on ne sait rien de ses activités. Cet aspect renforce un certain minimalisme du design, même pour l’époque. L’extrême simplicité peut rebuter maintenant (n’importe qui peut en faire autant avec les moyens de base d’un ordinateur…), mais les graphismes, les couleurs basiques (ou l’absence car c’est sur un énorme fond noir que les personnages évoluent) et l’ambiance sonore font que ce jeu est reconnaissable instantanément.

Le jeu d’arcade contient des voix digitalisées, chose très rare à l’époque car très coûteuse (chaque mot coûtait 1000 $ !). Une trentaine de mots sont ainsi déclamés dans des situations particulières (« Intruder alert » lancé par Evil Otto quand il apparait, « Coins detected in pocket » quand personne ne jouait, « The humanoid must not escape » lorsque vous quittiez une salle vainqueur, « Chicken ! Fight like a robot »lorsque vous quittiez la salle sans avoir tué tous les robots, …). Les voix digitalisées ne sont pas incorporées dans la version sur Atari 2600, par contre elles apparaissent chez la grande sœur, l’Atari 5200.

Berzerk fut un énorme succès en arcade, 50 000 bornes furent produites malgré un dysfonctionnement dans le joystickmanette de jeu vidéo composée d'un manche, présente sur toutes les bornes d'arcade, opposée au joypad ou croix directionnelle utilisé par les consoles de salon. Le joystick permet de contrôler les déplacements à l'écran.

Le jeu fut décrié pour sa violence (ben oui vous tuez des robots quand même !) créant une polémique bien avant Doom ou Mortal Kombat et ses arènes sanglantes. Il a aussi la mauvaise réputation d’être le premier jeu vidéo à être impliqué dans la mort d’un joueur (ou même deux…) qui a succombé à une crise cardiaque après avoir joué pendant une quinzaine de minutes intensives et rentré ses initiales dans le high score.

Son gameplaycaractéristiques d'un jeu qui permettent de l'apprécier. Comprend la maniabilité, la facilité de prise en main, l'architecture du jeu, la jouabilité ... frénétique, son action intense en font un modèle du genre. Il existe plusieurs versions de ce jeu, de nombreux clones et jeux s’en inspirant, et une suite appelée Frenzy. Il a inspiré de nombreux autres jeux, tel Castle Wolfenstein, Shamus, Robotron : 2084Xybots

Goin’ berzerk, une chanson sur le jeu Berzerk fut même créée et interprétée par Buckner et Garcia, un duo musical connu aussi pour le titre Pac-Man fever. Ils utilisèrent des sons du jeu.

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