Alex Kidd

le dur destin d’une mascotte non officielle

Ah, qu’il est dur de tomber en déchéance ! Alex Kidd sait de quoi il parle, lui qui était au sommet de la gloire dans les années 80, idole de toute une génération, représentant officieux de Sega dans le monde. Seulement voilà, le monde change et évolue, tout comme la mode, la musique ou les jeux vidéos. Si Alex Kidd rivalise avec Mario sur le plan castagne, si Alex Kidd in Miracle world (sa première aventure) est plus colorée que Super Mario bros (allez, on peut bien lui accorder ça !), il ne peut pas dépasser son rival au sein même de la firme, le rapide Sonic. Lui qui a supplanté Opa-Opa, le vaisseau spatial de Fantasy Zone, comme idole segaienne (je ne suis pas sûr de moi sur l’orthographe…), il s’est vu devancé, coiffé au poteau par le bolide bleu pourvu d’épines dorsales. Voici un petit coup de projecteur sur sa courte carrière (mais il est possible que je m’avance).

C’est en 1986 qu’apparaît ce petit garçon gourmand et bagarreur. Alex Kidd est un arian, de la planète Aries (en latin, c’est la constellation du bélier). D’entrée de jeu, il sait nager, courir, sauter et même conduire les véhicules les plus divers : un petit hélicoptère à pédales (appelé à raison Peticopter), une moto Sukopako et un bâton pogo. Autant dire qu’il n’a rien à envier aux plus chevronnés des aventuriers ! Il est créé par Kotaro Hayashida (qui a travaillé aussi sur la série des Phantasy star, Space harrier, After burner ou Grandia, un nom quoi ?) dans le but avoué de contrer Nintendo et son plombier amateur de champignon hallucinogène. Lui n’est pas un artisan des égouts, il est le prince de la famille Osale, régnant sur le royaume de Radaxian (rien que ça !) et non pas sur un quelconque royaume Moisissure ou Champignon (je ne me souviens plus du terme exact). Physiquement, il peut faire peur aux plus dangereux des méchants : grandes oreilles, grandes mains, traits et caractéristiques simiesques. De plus, il connait la technique « shellcore » (littéralement « coque de noyau ») qui permet d’agrandir ses mains et de porter des coups capables de briser la roche la plus dure. Un art martial et non pas des sauts de danseuse comme le moustachu à salopette. D’ailleurs, lui a un habit qui en jette : il porte une combinaison rouge et jaune qui pourrait presque rappeler un Bruce Lee dans le Jeu de la mort.

Mais, son plus grand ennemi n’était pas de l’autre côté du front, il combattait du même bord. Et il a remporté tous les honneurs, le reléguant en personnage de seconde zone, vétéran de guerres dont plus personne ne parle. Sonic, rien qu’en entendant son nom, Alex prend une claque qu’il ne voit pas venir. Alex Kidd n’a pas de défense, il se fait toucher une seule fois et c’est la mort assurée. Sonic, lui, peut se faire toucher, il suffit qu’il porte des anneaux et il est presque invincible. Les combats sont aussi un peu particuliers avec Alex : ils se font parfois au chifoumi (janken ou pierre-papier-ciseau), c’est d’ailleurs le seul héros qui bat des bossennemi plus puissant que les autres, à battre à la fin d'un niveau ou d'un donjon en jouant à pierre-papier-ciseau ! D’accord, Alex peut jeter du feu de ses poings (une compétence que Mario a aussi…) grâce un power upobjet permettant d'améliorer son armement et sa puissance, notamment dans les shoot'em up, une bague, qu’il trouve ou qu’il achète en boutique. Sonic lui ne peut que faire la boule, mais le hérisson peut avoir un bouclier protecteur, un bonus qui le rend invincible et même des baskets qui le transforme en fusée bleue. Alors que Sonic après avoir battu Dr Robotnik s’impatiente et tape du pied, Alex Kidd préfère faire une pause goûter et aime manger un onigiri, les fameuses boules de riz (mais en version occidentale, il lui préfère les hamburgers). Autre point : le monde pourtant coloré d’Alex est battu haut-la-main par celui de Sonic, et pour cause il se déroule sur une machine plus puissante. Difficile de combattre la modernité !

Certains pensent que la déchéance d’Alex Kidd est due aux jaquettes des jeux en version occidentale. Vu la qualité des dessins, l’interrogation est légitime …

Il y a six jeux « labellisés » Alex Kidd, où il tient la vedette. La plupart de ces titres sont des jeux de plate-formesjeu où le héros évolue en sautant de plate-formes en plate-formes, en évitant les pièges et en combattant des ennemis mâtinés d’éléments d’aventure et de RPGRole Playing game, jeu vidéo utilisant les principes du jeu de rôle.

Le premier, et sûrement le plus connu, est Alex Kidd in miracle world. Il date de 1986. Son monde est très coloré, la musique est entrainante, c’est une réussite. Il fut par la suite intégré dans la console Master System, sans besoin de cartouche. Cela prouve qu’il est un bon divertissement, sûrement un des meilleurs jeux de plate-formesjeu où le héros évolue en sautant de plate-formes en plate-formes, en évitant les pièges et en combattant des ennemis de la console. Alex doit retrouver son frère enlevé par le méchant Janken, un scénario donc qui ne brille pas par son originalité (mais me direz-vous, c’est son frère qu’il doit sauver et non pas sa fiancée. Pour sûr, ça change tout !).

La suite de ses aventures vient peu de temps après, la même année, mais pas sur la même machine. Alex Kidd : the Lost stars est le seul de la série sur borne d’arcade. Viendra en 1988 un portage sur Master System. On y rencontre Stella, la petite amie d’Alex. Les étoiles et constellations ont été dérobées, Alex doit les retrouver en parcourant inlassablement les mêmes niveaux.

En 1987, vient Alex Kidd BMX trial. Contre toute attente, Alex change de genre et emprunte le chemin cahoteux et zigzaguant du jeu de course. Et ce n’est pas en voiture, ni en moto, encore moins en hélicoptère qu’il va défier le parcours, mais en vélo-cross BMX ! Après tout, on n’a pas le permis de conduire à 14 ans… Le jeu est sorti seulement au Japon, il était accompagné d’un manette spéciale permettant un contrôle plus efficace.

Flash required

Alex Kidd : High-tech world arrive en 1989, c’est un mélange entre un jeu de puzzles et un jeu d’action. Attention, il va falloir connaître les jeux de la firme Sega car des questions sur Space Harrier vont être posées… Au Japon, ce n’est pas un jeu Alex Kidd, mais un jeu des personnages d’un dessin animé, Anmitsu Hime, qui met en scène une princesse. Ce qui explique pourquoi l’environnement est différent des autres jeux estampillés Alex Kidd.

Alex Kidd in the enchanted castle est la seule aventure d’Alex sur la Megadrive. Elle est disponible au lancement de la console, en 1989, ce qui peut expliquer la pauvreté du jeu et des graphismes. Alex renoue avec ses premières aventures, il doit aller chercher son père sur la planète Paperock.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, Alex Kidd in Shinobi world est bien l’incursion d’Alex Kidd dans le monde de Shinobi ! Ce jeu est traité comme une parodie, Alex pour l’occasion perd son pyjama rouge pour le costume du célèbre ninja Joe Musashi. Les niveaux et la musique sont dérivés du jeu original. Le premier boss, appelé Ken-Oh dans Shinobi, porte le nom de Mari-Oh, ça vous dit pas quelque chose ? Bien entendu, les ennemis s’inscrivent dans l’esthétique kawaï de la série. Ce jeu sorti en 1990 est aussi le dernier jeu ayant Alex pour héros principal.

Il fait quelques apparitions dans les jeux Sega dont Segagaga, où il est vendeur dans une boutique d’onigiri (!) et raconte à qui veut l’entendre sa triste histoire de reclassement par Sonic (un brin d’humour dans cette véritable histoire), ou bien Shenmue et Shenmue 2 où il devient un jouet à collectionner. Il est aussi présent dans Sega superstars tennis en tant que personnage à débloquer. Il revient ensuite en personnage jouable dans Sonic & Sega all-stars racing, au volant de sa moto (faut-il préciser que c’est un jeu de course ?).

Cadeau : une relecture de Alex Kidd in Miracle world façon Little Big Planet :

Alex Kidd reste quand bien même un héros connu et reconnu, que Sega ne peut rejeter. Il y a fort à parier que nous le retrouverons, peut être pas dans ses propres aventures, mais sûrement encore dans un de ses crossoverproduction ou se croisent des personnages de séries ou d'univers différents sportif maison, ou pourquoi pas un Super Smash Brawl made in Sega ?

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